Un homme raconte l'histoire de la fin de son adolescence. Le temps d'un été, le père et le fils de 18 ans, se retrouvent dans la maison de famille au bord de l'océan et mettent ainsi un terme à l'innocence.
"Il avait 16 ans quand sa mère est morte, 18 quand son père est parti...J'ai oublié de vous dire : aucune de ces deux morts n'est accidentelle".
Voilà tout est dit. Philippe Besson nous entraîne dans un engrenage et le lecteur ira au bout des mots et des souffrances.
Inéluctablement, une machine efficace se met en place et nous tient en haleine.
Des phrases courtes, sans concession, des mots bien balancés, c'est vif, sec, froid.
Le père est un avocat brillant, égoïste, aimant l'argent et un grand séducteur collectionnant sans compter les femmes dans sa vie.
Son fils est tout l'opposé. Il voue une haine profonde à son père, l'accusant d'être responsable de la disparation de sa mère. Entre eux, le dialogue n'a jamais passé.
Quand un couple de trentenaire, sans enfant, vient louer la maison voisine, le père redevient le séducteur et fera tout pour séduire la très belle jeune femme. Le mari devient encombrant, le père jaloux, la jeune femme trop sensuelle et le fils trop observateur. Il n'y a plus d'innocent, il n'y a plus de victimes, tout le monde joue un jeu pervers et sordide.
Un huis clos où l'engrenage est fatal et la chute finale inexorable.
Les personnages sont froids et tiennent le lecteur à distance.
Un bon roman mais trop court. On aurait aimé en savoir plus sur ces personnages égoïstes et haineux, plonger dans leurs abîmes.
Philippe Besson connaît parfaitement la mécanique des sentiments, ces ambiances balnéaires où son écriture excelle dommage qu'il effleure trop ses histoires.
je veux encore rouler des hanches,je veux me saouler de printempsje veux m'en payer des nuits blanchesà cœur qui bat, à cœur battantavant que sonne l'heure blêmeet jusqu'à mon souffle dernierje veux encore dire "je t'aime"et vouloir mourir d'aimerBarbara
vendredi 21 mars 2014
lundi 3 mars 2014
Hanif Kureishi : Le dernier mot
Mammon Azam, vieil écrivain admiré autant que détesté, musulman d'origine indienne est installé en Angleterre depuis une vingtaine d'années. Reconnu sur la scène internationale pour ses écrits et son engagement politique, il est maintenant fatigué et n'a plus vraiment d'inspiration flamboyante. Homme à femmes, il s'ennuie désormais entre sa dernière épouse, folle de dépenses et de gloire dans sa campagne anglaise et son succès qui décline.
C'est là, que vient le trouver Harry Jonhson, jeune écrivain ambitieux et féroce, employé par un éditeur londonien pour écrire sa biographie.
D'abord admiratif de Mamoon, Harry se rend compte des zones d'ombre et des mensonges de la vie de l'écrivain beaucoup plus ordinaire qu'il ne le pensait.
Le face à face devient presque un huis clos dans un cottage anglais où les personnages secondaires gravitent dangereusement.
"Même l'homme le plus solide tremble à l'idée que se déchire le voile qu'il a jeté sur son passé"
Qu'est ce qui fait un homme, l'écrivain est il son double ? comment fonctionne la création la littéraire, de quoi se nourrit-elle ? et qu'avons nous à savoir de plus, nous autres lecteurs ?
Toutes ces questions abondent dans cette joute littéraire et sociale entre les deux hommes.
A travers les livres, les femmes aimées souvent maltraitées et les souvenirs, le lecteur assiste au dernier combat d'un monstre sacré, à ses emportements pour améliorer une phrase, pour supprimer un détail peu reluisant de sa vie, pour sauvegarder ainsi l'image qu'il laissera de lui et un jeune écrivain à l'ambition démesurée pour qui tout s'écrit maintenant.
L'écriture de Hanif Kureshi reste la même, drôle, enjouée, rapide et très visuelle. Le lecteur retrouve l'univers de ses livres, bariolé, compliqué à souhait et très anglais.
Même si l'auteur nous entraîne dans une trame romanesque caricaturale, le lecteur appréciera cette tragi-comédie sur la naissance d'une oeuvre littéraire.
mercredi 26 février 2014
Ian McEwan : Opération Sweet Tooth
Ian McEwan possède un talent incontestable pour distiller dans ses romans un souffle intimiste où l'ambiguïté règne parfaitement dans une humanité aux prises avec ses abîmes et ses doutes.
Dans cet époustouflant roman, il nous sert en plus, une page d'Histoire, celle de l'Angleterre des années 1970, en pleine dépression culturelle et sociale où la guerre froide exacerbe le monde politique.
Avec un humour féroce, il raconte les débuts de Serena, étudiante très brillante juste diplômée de Cambridge, recrutée par le fameux MI5, service très secret de sa Majesté. Belle, sensuelle et surtout lectrice avide et gourmande, Serena veut croquer la vie et les hommes.
Elle se verra confiée une mission, appelée opération Sweet Tooth qui a pour but de soutenir et financer des écrivains aux idées non communistes.
Serena doit se rapprocher de Tom Haley, écrivain prometteur dont elle tombe amoureuse.
Ce livre foisonnant et captivant possède différents niveaux de lecture.
L'auteur par son style égale les grands romans d'espionnage tels ceux de Ian Fleming ou John le Carré et place son récit dans une Angleterre meurtrie par une crise économique et qui voit l'Irlande entrer dans un conflit sanglant. Londres pullule d'espions et le terrorisme éclate, mensonges et trahisons se succèdent alors que la création artistique n'a jamais été aussi flamboyante.
Le monde assiste à son prodigieux changement.
Si le livre s'inspire de faits réels, ceux du recrutement volontaire ou pas par le MI5 d'intellectuels afin de dénoncer les idées communistes, il devient un vibrant hommage à la littérature, à la lecture, à l'écriture et surtout à la création littéraire, au rôle de l'écrivain et à la force des livres.
C'est aussi une vibrante passion amoureuse que l'on découvre en épiant les personnages.
Le lecteur a dans ce livre, un rôle important et c'est toute la finesse et l'intelligence de Ian McEwan qui dans les dernières pages nous donne une leçon époustouflante de lecture.
La fin est grandiose et à l'instar de ces héros, l'auteur a réussi à nous manipuler façon MI5.
Bravo !
Dans cet époustouflant roman, il nous sert en plus, une page d'Histoire, celle de l'Angleterre des années 1970, en pleine dépression culturelle et sociale où la guerre froide exacerbe le monde politique.
Avec un humour féroce, il raconte les débuts de Serena, étudiante très brillante juste diplômée de Cambridge, recrutée par le fameux MI5, service très secret de sa Majesté. Belle, sensuelle et surtout lectrice avide et gourmande, Serena veut croquer la vie et les hommes.
Elle se verra confiée une mission, appelée opération Sweet Tooth qui a pour but de soutenir et financer des écrivains aux idées non communistes.
Serena doit se rapprocher de Tom Haley, écrivain prometteur dont elle tombe amoureuse.
Ce livre foisonnant et captivant possède différents niveaux de lecture.
L'auteur par son style égale les grands romans d'espionnage tels ceux de Ian Fleming ou John le Carré et place son récit dans une Angleterre meurtrie par une crise économique et qui voit l'Irlande entrer dans un conflit sanglant. Londres pullule d'espions et le terrorisme éclate, mensonges et trahisons se succèdent alors que la création artistique n'a jamais été aussi flamboyante.
Le monde assiste à son prodigieux changement.
Si le livre s'inspire de faits réels, ceux du recrutement volontaire ou pas par le MI5 d'intellectuels afin de dénoncer les idées communistes, il devient un vibrant hommage à la littérature, à la lecture, à l'écriture et surtout à la création littéraire, au rôle de l'écrivain et à la force des livres.
C'est aussi une vibrante passion amoureuse que l'on découvre en épiant les personnages.
Le lecteur a dans ce livre, un rôle important et c'est toute la finesse et l'intelligence de Ian McEwan qui dans les dernières pages nous donne une leçon époustouflante de lecture.
La fin est grandiose et à l'instar de ces héros, l'auteur a réussi à nous manipuler façon MI5.
Bravo !
vendredi 14 février 2014
Nadeem Aslam : Le jardin de l'aveugle
Nadeem Aslam, écrivain d'origine pakistanaise est âgé de 47 ans et vit en Angleterre. Ces romans sont toujours empreints d'une poésie riche et sensible. Il raconte avec douleur et beauté son pays et ses idéologies à travers des personnages attachants portés par l'amour et la compassion pour un monde de cendres.
Son troisième roman se situe après les attentats du 11 septembre où en Afaghanistan et au Pakistan, vont s'affronter dans la haine et la violence musulmans intégristes et modérés et les américains qui voient des ennemis partout, aidés par les seigneurs de guerre motivés par l'argent.
Guerre sainte ou djihad c'est avant tout une tragédie où règnent la corruption, l'oppression faite aux femmes, l'idéologie extrémiste et où les intérêts financiers et économiques très complexes nous dépassent.
Emportée par cette violence quotidienne, la famille de Rohan est victime à son tour de l'intolérance qui jaillit dans chaque camp.
Dans ce qui fut son jardin du paradis, dans sa maison, le vieux patriarche perd doucement la vue et se souvient de sa femme disparue et de sa propre intransigeance.
Directeur d'une école qu'il voulait libre et ouverte, il s'est vu démis de ses fonctions à l'arrivée des talibans.
Son fils, Jeo, étudiant en médecine, se rend en Afghanistan avec Mikal son frère de coeur, pour aider les musulmans victimes de la guerre. Leur passé commun est rempli d'émotions, de couleurs, d'idéal, mais aussi meurtri par l'amour de la même femme, celle de Jeo.
Le talent de conteur de l'auteur bouleverse le récit et rend plus intense les scènes insoutenables de guerre et de violence.
Dans ce coin du monde où toute la beauté a été ravagée par les hommes, de belles rencontres demeurent.
Comme ces femmes qui luttent malgré tout et relèvent la tête, fières, parce qu'elles sont les premières à mourir dans cette guerre.
Ces hommes qui traversent l'Histoire, si dérisoires face à eux mêmes.
La poésie est à couper le souffle dans les détails d'une nature plus forte que tout , dans les couleurs du jardin de Rohan, dans les odeurs des fleurs.
L'intrigue est dense et les rebondissements multiples, il en reste un cri de douleur et d'amour de l'auteur pour son pays en souffrance.
Son troisième roman se situe après les attentats du 11 septembre où en Afaghanistan et au Pakistan, vont s'affronter dans la haine et la violence musulmans intégristes et modérés et les américains qui voient des ennemis partout, aidés par les seigneurs de guerre motivés par l'argent.
Guerre sainte ou djihad c'est avant tout une tragédie où règnent la corruption, l'oppression faite aux femmes, l'idéologie extrémiste et où les intérêts financiers et économiques très complexes nous dépassent.
Emportée par cette violence quotidienne, la famille de Rohan est victime à son tour de l'intolérance qui jaillit dans chaque camp.
Dans ce qui fut son jardin du paradis, dans sa maison, le vieux patriarche perd doucement la vue et se souvient de sa femme disparue et de sa propre intransigeance.
Directeur d'une école qu'il voulait libre et ouverte, il s'est vu démis de ses fonctions à l'arrivée des talibans.
Son fils, Jeo, étudiant en médecine, se rend en Afghanistan avec Mikal son frère de coeur, pour aider les musulmans victimes de la guerre. Leur passé commun est rempli d'émotions, de couleurs, d'idéal, mais aussi meurtri par l'amour de la même femme, celle de Jeo.
Le talent de conteur de l'auteur bouleverse le récit et rend plus intense les scènes insoutenables de guerre et de violence.
Dans ce coin du monde où toute la beauté a été ravagée par les hommes, de belles rencontres demeurent.
Comme ces femmes qui luttent malgré tout et relèvent la tête, fières, parce qu'elles sont les premières à mourir dans cette guerre.
Ces hommes qui traversent l'Histoire, si dérisoires face à eux mêmes.
La poésie est à couper le souffle dans les détails d'une nature plus forte que tout , dans les couleurs du jardin de Rohan, dans les odeurs des fleurs.
L'intrigue est dense et les rebondissements multiples, il en reste un cri de douleur et d'amour de l'auteur pour son pays en souffrance.
vendredi 7 février 2014
Edouard Louis : En finir avec Eddy Bellegueule
Edouard Louis, 21 ans élève de l'Ecole Normale Supérieure, signe ici son premier roman.
Dans un témoignage troublant et émouvant, il raconte son histoire, vraie, celle du rejet d'un jeune homosexuel, lui , dans son village de Picardie profonde.
Grâce au théâtre et à la littérature, il prendra son envol loin de son milieu social et brisera ainsi le déroulement de vies misérablement semblables de génération en génération.
La question que pose Edouard Louis dans ce livre, c'est : "les lois de la reproduction sociale sont-elles inébranlables ?"
Alors sans juger, il dit et raconte une fiction vraie et bouleversante. Le récit puise sa force et sa véracité dans la construction littéraire faite de l'analyse et du style de l'auteur. C'est tout le talent d'un écrivain remarquable.
Issu d'un milieu très modeste, son père est au chômage et sa mère auxiliaire de vie, des frères et soeurs, Eddy par le regard des autres d'abord apprend sa différence, ensuite au plus profond de lui, quand son corps confirmera ses désirs, il s'en ira.
Son attitude maniérée, sa démarche délicate, son physique trop fin et ses goûts le mènent à un bannissement lent et inévitable.
Battu, haï, méprisé, humilié, il vit une adolescence sans concession, où le mépris de lui et de ce qu'il ressent, le jette dans un monde sans pitié.
Edouard Louis analyse une France, que l'on pensait celle de Zola, une France basique qui n'aime pas les pédés et le clame avec fierté parce que c'est ça être un homme, un dur, un vrai mec !
Les filles deviendront caissières, vendeuses, coiffeuses comme leur mère ou mieux enceinte à 17 ans, elles pourront alors ressasser les erreurs commises pour en arriver là.
Mais, elles n'ont pas fait de bêtises, c'est juste qu'elles n'avaient pas le choix. Toute leur vie a été construite pour prendre cette trajectoire. Imparable.
L'auteur raconte les soirées au café où il faut être bourrés, l'école haïe parce que c'est pas être un dur, l'usine qui attend toutes les générations, la télé regardée des journées entières,le foot symbole de gloire mais aussi le manque de culture et d'ouverture d'esprit.
Et puis dans un style admirable, l'auteur alterne deux langages comme deux mondes dissociés à jamais.
La langue de son enfance, en italique, violente, absente de douceur, sans mot et celle du jeune homme brillant et sensible qu'il est devenu.
Cette confrontation de vocabulaire accentue la force et la douleur qui ont du être les siennes pendant des années où il a essayé d'être comme eux, un dur, pour ne pas souffrir.
Un livre qui chavire parce que l'histoire est celle d'un jeune homme du 21 ème siècle, un livre qui brise parce que la douleur d'être différent a été vécue et qu'elle l'est encore de nos jours.
Une écriture maîtrisée, un style remarquable et une histoire loin, bien loin des biographies aux clichés tapageurs.
Dans un témoignage troublant et émouvant, il raconte son histoire, vraie, celle du rejet d'un jeune homosexuel, lui , dans son village de Picardie profonde.
Grâce au théâtre et à la littérature, il prendra son envol loin de son milieu social et brisera ainsi le déroulement de vies misérablement semblables de génération en génération.
La question que pose Edouard Louis dans ce livre, c'est : "les lois de la reproduction sociale sont-elles inébranlables ?"
Alors sans juger, il dit et raconte une fiction vraie et bouleversante. Le récit puise sa force et sa véracité dans la construction littéraire faite de l'analyse et du style de l'auteur. C'est tout le talent d'un écrivain remarquable.
Issu d'un milieu très modeste, son père est au chômage et sa mère auxiliaire de vie, des frères et soeurs, Eddy par le regard des autres d'abord apprend sa différence, ensuite au plus profond de lui, quand son corps confirmera ses désirs, il s'en ira.
Son attitude maniérée, sa démarche délicate, son physique trop fin et ses goûts le mènent à un bannissement lent et inévitable.
Battu, haï, méprisé, humilié, il vit une adolescence sans concession, où le mépris de lui et de ce qu'il ressent, le jette dans un monde sans pitié.
Edouard Louis analyse une France, que l'on pensait celle de Zola, une France basique qui n'aime pas les pédés et le clame avec fierté parce que c'est ça être un homme, un dur, un vrai mec !
Les filles deviendront caissières, vendeuses, coiffeuses comme leur mère ou mieux enceinte à 17 ans, elles pourront alors ressasser les erreurs commises pour en arriver là.
Mais, elles n'ont pas fait de bêtises, c'est juste qu'elles n'avaient pas le choix. Toute leur vie a été construite pour prendre cette trajectoire. Imparable.
L'auteur raconte les soirées au café où il faut être bourrés, l'école haïe parce que c'est pas être un dur, l'usine qui attend toutes les générations, la télé regardée des journées entières,le foot symbole de gloire mais aussi le manque de culture et d'ouverture d'esprit.
Et puis dans un style admirable, l'auteur alterne deux langages comme deux mondes dissociés à jamais.
La langue de son enfance, en italique, violente, absente de douceur, sans mot et celle du jeune homme brillant et sensible qu'il est devenu.
Cette confrontation de vocabulaire accentue la force et la douleur qui ont du être les siennes pendant des années où il a essayé d'être comme eux, un dur, pour ne pas souffrir.
Un livre qui chavire parce que l'histoire est celle d'un jeune homme du 21 ème siècle, un livre qui brise parce que la douleur d'être différent a été vécue et qu'elle l'est encore de nos jours.
Une écriture maîtrisée, un style remarquable et une histoire loin, bien loin des biographies aux clichés tapageurs.
vendredi 31 janvier 2014
Toine Heijmans : En mer
Prix Médicis Etranger 2013, le premier roman du néerlandais Toine Heijmans, nous entraîne dans un huis clos sombre et sans échappatoire possible puisque c'est sur un bateau que se déroule l'histoire.
Ce n'est pas un roman sur la mer, comme le laisse supposer le titre, mais sur les abîmes de l'âme d'un homme qui décide un jour, par profonde lassitude, de quitter son travail et de partir sur son voilier.
Après trois mois passés en mer, du Danemark jusqu'en Hollande, il embarque lors de sa dernière escale sa fille, Maria, à bord de son bateau.
48 heures de navigation entre un père et sa fille, histoire de donner la dimension qui manque à ce père capitaine, de prouver que c'est possible d'emmener une petite fille à bord, de montrer à sa femme qu'il est capable, de se prouver tout simplement.
Tout commence et bascule au moment où Maria monte sur le bateau. La première phrase est prémonitoire "Je n'avais pas vu les nuages".
Le père sent qu'il se passe des choses, le vent durcit et la mer se brise sur le navire, il s'enfonce dans ses réflexions, il plonge dans des gouffres d'angoisse dont il ne peut revenir.
L'auteur nous balance au rythme de la tempête dans une réalité rêvée et trompeuse, nous laissant observateur d'un homme dont la faiblesse et l'inconséquence surprennent.
Si le rythme est soutenu, il manque une profondeur psychologique dans le comportement trouble de cet homme, l'ambiance particulière où tout bascule n'est pas rendue à sa juste mesure et reste en attente.
Sans dévoiler la fin, l'angoisse aurait pu être plus fortement décrite, la paranoïa plus accentuée, sans doute les termes trop techniques y sont pour quelque chose.
Je n'ai sans doute pas le pied marin et j'avais hâte d'accoster !
Ce n'est pas un roman sur la mer, comme le laisse supposer le titre, mais sur les abîmes de l'âme d'un homme qui décide un jour, par profonde lassitude, de quitter son travail et de partir sur son voilier.
Après trois mois passés en mer, du Danemark jusqu'en Hollande, il embarque lors de sa dernière escale sa fille, Maria, à bord de son bateau.
48 heures de navigation entre un père et sa fille, histoire de donner la dimension qui manque à ce père capitaine, de prouver que c'est possible d'emmener une petite fille à bord, de montrer à sa femme qu'il est capable, de se prouver tout simplement.
Tout commence et bascule au moment où Maria monte sur le bateau. La première phrase est prémonitoire "Je n'avais pas vu les nuages".
Le père sent qu'il se passe des choses, le vent durcit et la mer se brise sur le navire, il s'enfonce dans ses réflexions, il plonge dans des gouffres d'angoisse dont il ne peut revenir.
L'auteur nous balance au rythme de la tempête dans une réalité rêvée et trompeuse, nous laissant observateur d'un homme dont la faiblesse et l'inconséquence surprennent.
Si le rythme est soutenu, il manque une profondeur psychologique dans le comportement trouble de cet homme, l'ambiance particulière où tout bascule n'est pas rendue à sa juste mesure et reste en attente.
Sans dévoiler la fin, l'angoisse aurait pu être plus fortement décrite, la paranoïa plus accentuée, sans doute les termes trop techniques y sont pour quelque chose.
Je n'ai sans doute pas le pied marin et j'avais hâte d'accoster !
jeudi 30 janvier 2014
Duong Thu Huong : Les collines d'eucalyptus
Le fait divers s'est déroulé dans les années 80 avec la disparition d'un jeune garçon de 17 ans au Vietnam. L'auteur essaie grâce à ce roman d'expliquer sa fugue et d'imaginer ainsi ce qu'aurait pu être son destin. Duong Thu Huong lui donne le nom de Thahn.
Véritable roman fleuve, dont le thème évoque le fils prodigue, il débute dans un camp de prisonniers où le quotidien est d'une insoutenable violence et où la promiscuité détruit les êtres. Thahn a été condamné à 25 ans d'emprisonnement pour le meurtre de son amant.
Thahn est issu d'une famille aimante, ses parents sont enseignants. Thahn éprouve pour sa mère (mère-biche) un amour fusionnel et c'est pour lui épargner le chagrin, qu'un jour il part, après avoir découvert son homosexualité.
Fuyant avec son jeune amant, mi-voyou, fils d'un père-poète extrêmement violent et perturbé et d'une femme meurtrie et inexistante, il sera entraîné sur les chemins tortueux de la vie et sur la difficulté des sentiments amoureux.
Cette relation amoureuse souvent complexe et où le faible est entraîné et utilisé malgré dans des situations hautement malsaines.
C'est avec travers les histoires des personnages qui croisent sa route, que nous prenons connaissance de la jeunesse, de la vie et des expériences malheureuses de Thahn.
Les différents récits successifs,comme autant de romans entremêlés, construisent une fresque du Vietnam au souffle historique intense.
Mais c'est aussi le talent de narration poétique de l'auteur que l'on retrouve ici.
Elle nous emmène dans une promenade époustouflante dans un Vietnam aux paysages surprenants avec ses vertes collines et ses champs de pamplemoussiers, à la nourriture odorante et colorée, au poids des coutumes ancestrales.
Malgré des longueurs certaines (790 pages), sans doute accentuées par les réflexions et interrogations sur ses pensées les plus intimes que se fait sans cesse Thahn, le livre reste intéressant pour cet amour du Vietnam que l'auteur porte toujours en elle et qu'elle sait transmettre.
La question que pose le livre : Que faisons nous subir à nos enfants ? interroge aussi sur les erreurs, les maladresses et le mal que font parfois subir les adultes quand ils ne sont pas à la hauteur.
Véritable roman fleuve, dont le thème évoque le fils prodigue, il débute dans un camp de prisonniers où le quotidien est d'une insoutenable violence et où la promiscuité détruit les êtres. Thahn a été condamné à 25 ans d'emprisonnement pour le meurtre de son amant.
Thahn est issu d'une famille aimante, ses parents sont enseignants. Thahn éprouve pour sa mère (mère-biche) un amour fusionnel et c'est pour lui épargner le chagrin, qu'un jour il part, après avoir découvert son homosexualité.
Fuyant avec son jeune amant, mi-voyou, fils d'un père-poète extrêmement violent et perturbé et d'une femme meurtrie et inexistante, il sera entraîné sur les chemins tortueux de la vie et sur la difficulté des sentiments amoureux.
Cette relation amoureuse souvent complexe et où le faible est entraîné et utilisé malgré dans des situations hautement malsaines.
C'est avec travers les histoires des personnages qui croisent sa route, que nous prenons connaissance de la jeunesse, de la vie et des expériences malheureuses de Thahn.
Les différents récits successifs,comme autant de romans entremêlés, construisent une fresque du Vietnam au souffle historique intense.
Mais c'est aussi le talent de narration poétique de l'auteur que l'on retrouve ici.
Elle nous emmène dans une promenade époustouflante dans un Vietnam aux paysages surprenants avec ses vertes collines et ses champs de pamplemoussiers, à la nourriture odorante et colorée, au poids des coutumes ancestrales.
Malgré des longueurs certaines (790 pages), sans doute accentuées par les réflexions et interrogations sur ses pensées les plus intimes que se fait sans cesse Thahn, le livre reste intéressant pour cet amour du Vietnam que l'auteur porte toujours en elle et qu'elle sait transmettre.
La question que pose le livre : Que faisons nous subir à nos enfants ? interroge aussi sur les erreurs, les maladresses et le mal que font parfois subir les adultes quand ils ne sont pas à la hauteur.
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