Lauréat du Prix Médicis 2019 pour son dernier roman "La tentation", Luc Lang entraîne le lecteur dans un thriller haletant avec en toile de fond une tragédie familiale dans la bourgeoisie lyonnaise.
François est chirurgien et directeur d'une clinique à Lyon. Il passe le week-end au Relais, le chalet familial qui lui permet de d'organiser des parties de chasse. Un endroit qu'il connaît bien.
L'histoire débute par la traque d'un grand cerf que François a dans son viseur. Mais François le rate, le ramène et le soigne.
Au chalet il retrouve son fils, Mathieu. Le jeune homme a abandonné ses études de médecine pour mener la vie d'un golden boy sans aucun été d'âme à New-York. Il méprise la réussite de son père. Tout ce qu'il veut c'est de l'argent beaucoup d'argent.
Et puis il y a Mathilde, la fille, qui n'est pas là et qui ne donne pas de nouvelles et que son père a cru apercevoir sur la route. Elle poursuit des études de médecine mais elle vient de tomber amoureuse d'un drôle de personnage.
Quant à la mère, illuminée et vénéneuse, elle s'absente souvent pour s'oublier dans des retraites monastiques de plus en plus fréquentes. Et pourtant François l'aime toujours.
Dans un huis clos étourdissant, la famille va se confronter, mettre deux mondes face à face. L'ancien que représente François avec une certaine noblesse de vie, de considération et d'humanisme et celui de ses enfants où l'argent est le marqueur essentiel.
François assiste malgré lui à des événements d'une grande violence où il fait tout son possible pour protéger ses enfants. Ce sera pour lui l'occasion de faire face aux secrets douloureux de sa vie et aux non-dits qui ont construit sa famille.
Une écriture d'une grande audace, qui fait que le lecteur reprend les mots de chaque fin de paragraphe avec la sensation d'une intense profondeur. Au plus près de l'âme des protagonistes, le lecteur partage cette ultime partie d'un week-end familial des plus tragiques.
Les paysages décrits sont envoûtants et sauvages et l'auteur nous fait pénétrer dans l'univers étrange de la tentation, celle du sang et du meurtre où la rédemption s'annonce difficile.
Luc Lang - La tentation - Editions Stock - Parution Août 2019 - 354 Pages - 20 €
je veux encore rouler des hanches,je veux me saouler de printempsje veux m'en payer des nuits blanchesà cœur qui bat, à cœur battantavant que sonne l'heure blêmeet jusqu'à mon souffle dernierje veux encore dire "je t'aime"et vouloir mourir d'aimerBarbara
lundi 27 janvier 2020
lundi 9 décembre 2019
Emily Ruskovich : Idaho
Pour les amoureux de l'Amérique et de sa littérature, les Editions Gallmeister permettent de faire une balade à travers le pays en assurant un dépaysement complet. Alors ne nous en privons pas, quand on aime.
Emily Ruskovich est une romancière américaine et elle signe ici un premier roman lourd et intense
C'est l'histoire d'Ann et Wade, mariés depuis 8 ans, ils vivent dans un coin perdu à Pondesora dans l'Idaho, une maison au pied de la montagne. La vue des Rocheuses, la neige et les canyons, offre une confrontation avec une nature sauvage et souvent hostile.
Ann est la seconde épouse de Wade. Ils se sont mariés après le drame qui a anéanti la famille de Wade pendant une chaude journée d'été en 1995.
Wade et Jenny, sa première femme sont en train de couper du bois dans la forêt. Les filles May, 6 ans et June 9 ans s'amusent et se disputent. La mère fait une pause dans le pick up, les filles la rejoignent et l'impensable se produit. May est tuée et June disparaît à jamais.
Un infanticide inimaginable que l'auteur l'auteur ne détaillera pas. Ce qui fait la force de ce récit qui en devient fascinant.
Atteint de démence sénile congénitale Wade perd la mémoire. Alors Ann qui ne connaît pas trop son passé, aimerait qu'il lui raconte le déroulement de cette terrible journée et comprendre cette famille. Elle sera la voix de ce roman où les personnages revisitent leur passé sans pour autant donner une explication à la tragédie.
Dans un récit qui ne laisse pas de place à la chronologie, l'auteur éclate son récit avec des allers-retours de 1973 à 2025.
Les âmes des personnages restent opaques, l'élucidation du drame n'est pas le plus important. Il reste la souffrance, l'humain dans son deuil et sa mémoire.
Le style est fin et percutant, et l'intime devient la réponse à cette histoire de la douleur, celle de perdre ses proches et celle d'oublier ce qui a été.
A lire pour découvrir une nouvelle écriture.
Emily Ruskovich - Idaho - Editions Gallmeister - Traduit de l'américain par Simon Baril - Parution - 360 Pages - 23.50 €
Emily Ruskovich est une romancière américaine et elle signe ici un premier roman lourd et intense
C'est l'histoire d'Ann et Wade, mariés depuis 8 ans, ils vivent dans un coin perdu à Pondesora dans l'Idaho, une maison au pied de la montagne. La vue des Rocheuses, la neige et les canyons, offre une confrontation avec une nature sauvage et souvent hostile.
Ann est la seconde épouse de Wade. Ils se sont mariés après le drame qui a anéanti la famille de Wade pendant une chaude journée d'été en 1995.
Wade et Jenny, sa première femme sont en train de couper du bois dans la forêt. Les filles May, 6 ans et June 9 ans s'amusent et se disputent. La mère fait une pause dans le pick up, les filles la rejoignent et l'impensable se produit. May est tuée et June disparaît à jamais.
Un infanticide inimaginable que l'auteur l'auteur ne détaillera pas. Ce qui fait la force de ce récit qui en devient fascinant.
Atteint de démence sénile congénitale Wade perd la mémoire. Alors Ann qui ne connaît pas trop son passé, aimerait qu'il lui raconte le déroulement de cette terrible journée et comprendre cette famille. Elle sera la voix de ce roman où les personnages revisitent leur passé sans pour autant donner une explication à la tragédie.
Dans un récit qui ne laisse pas de place à la chronologie, l'auteur éclate son récit avec des allers-retours de 1973 à 2025.
Les âmes des personnages restent opaques, l'élucidation du drame n'est pas le plus important. Il reste la souffrance, l'humain dans son deuil et sa mémoire.
Le style est fin et percutant, et l'intime devient la réponse à cette histoire de la douleur, celle de perdre ses proches et celle d'oublier ce qui a été.
A lire pour découvrir une nouvelle écriture.
Emily Ruskovich - Idaho - Editions Gallmeister - Traduit de l'américain par Simon Baril - Parution - 360 Pages - 23.50 €
lundi 25 novembre 2019
Jean-Paul Dubois : Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon
En Novembre, Jean-Paul Dubois a reçu le prestigieux Prix Goncourt pour son dernier livre "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon".
Un auteur sympathique dont l'écriture du quotidien et de ses difficultés nous parle avec des personnages confrontés à une vie qui n'est pas toujours tranquille. C'est fouillé, intelligent et terriblement humain. Belle récompense bien méritée !
Nous retrouvons son dernier héros au prénom identique depuis des décennies, Paul.
Du fond de sa cellule de la prison de Montréal au Canada, Paul nous raconte sa vie d'homme et ce qui l'amène ici.
Les deux années de condamnation vont lui permettre de remonter le cours de son existence, lui enfant d'un pasteur danois et d'une mère toulousaine, exploitante de cinéma d'avant-garde.
Il vit depuis 20 ans au Canada quand le drame se produit. Il est concierge dans une résidence à Montréal. Homme à tout faire, il jardine, s'occupe de la piscine, nettoie et de temps en temps s'occupe des habitants de l'immeuble et de leur âme en peine.
A travers des personnages cocasses, comme le compagnon de cellule Horton, Hells Angel accusé de meurtre dont le monde tourne autour des Harley ou Winona , pilote d'avion de plaisance qui nous fait découvrir des paysages de toute beauté, ainsi que les dialogues avec les personnes aimées disparues, Jean-Paul Dubois nous fait découvrir assez tard l'explication de l'incarcération de Paul.
Paul est un puriste, le monde ne lui convient pas dans sa violence et son inhumanité, il n'est pas fait pour lui. Le ton devient nostalgique et le livre prend des allures de conte philosophique avec une réflexion profonde sur l'univers humain.
Malgré les tragédies, l'humour reste présent tout au long de ce texte ciselé et intense en émotion.
Jean-Paul Dubois - Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon - Editions L'Olivier -256 Pages - 19 €
Un auteur sympathique dont l'écriture du quotidien et de ses difficultés nous parle avec des personnages confrontés à une vie qui n'est pas toujours tranquille. C'est fouillé, intelligent et terriblement humain. Belle récompense bien méritée !
Nous retrouvons son dernier héros au prénom identique depuis des décennies, Paul.
Du fond de sa cellule de la prison de Montréal au Canada, Paul nous raconte sa vie d'homme et ce qui l'amène ici.
Les deux années de condamnation vont lui permettre de remonter le cours de son existence, lui enfant d'un pasteur danois et d'une mère toulousaine, exploitante de cinéma d'avant-garde.
Il vit depuis 20 ans au Canada quand le drame se produit. Il est concierge dans une résidence à Montréal. Homme à tout faire, il jardine, s'occupe de la piscine, nettoie et de temps en temps s'occupe des habitants de l'immeuble et de leur âme en peine.
A travers des personnages cocasses, comme le compagnon de cellule Horton, Hells Angel accusé de meurtre dont le monde tourne autour des Harley ou Winona , pilote d'avion de plaisance qui nous fait découvrir des paysages de toute beauté, ainsi que les dialogues avec les personnes aimées disparues, Jean-Paul Dubois nous fait découvrir assez tard l'explication de l'incarcération de Paul.
Paul est un puriste, le monde ne lui convient pas dans sa violence et son inhumanité, il n'est pas fait pour lui. Le ton devient nostalgique et le livre prend des allures de conte philosophique avec une réflexion profonde sur l'univers humain.
Malgré les tragédies, l'humour reste présent tout au long de ce texte ciselé et intense en émotion.
Jean-Paul Dubois - Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon - Editions L'Olivier -256 Pages - 19 €
samedi 23 novembre 2019
Pete Fromm : La vie en chantier
Taz et Marnie vivent dans le Montana, à Missoula où ils retapent ensemble une maison. Taz est menuisier et vit au rythme de ses chantiers. Ils n'ont pas trop d'argent mais leur vie est pleine de rire et d'amour dans une nature grandiose embellie par l'arrivée d'un heureux événement.
Mais voilà c'est pas eux qui décident et Marnie meurt d'une embolie pulmonaire juste après avoir donné naissance à leur petite-fille Midge.
Et là commence pour Taz l'après et une vie qui ne sera plus jamais comme avant. Le vide, la douleur et un bébé minuscule mais vivant.
C'est l'anéantissement total pour Taz, le deuil et les jours sans Marnie et pourtant il ne peut pas s'abandonner à ce chagrin infini, Midge est là et a besoin de lui.
Alors il y a Rudy, l'ami de la famille qui le soutient au delà de tout et puis la mère de Marny, grand-mère perdue et touchante et la jeune baby-sitter qui l'accompagnent sur le chemin d'une autre existence.
Pete Fromm a un réel talent pour ne pas tomber dans le larmoyant et le pathos. L'écriture est délicate et porteuse de messages de tendresse et d'espoir.
L'auteur nous délivre un texte sur l'intime où les personnages nous touchent par leur chagrin et nous sommes soulagés quand un peu de soleil vient les réchauffer.
C'est un beau et grand moment de lecture.
Pete Fromm - La vie en chantier - Editions Gallmeister - Traduit de l'Américain par Juliane Nivelt - Parution Sept. 2019 - 384 Pages - 23.60 €
Mais voilà c'est pas eux qui décident et Marnie meurt d'une embolie pulmonaire juste après avoir donné naissance à leur petite-fille Midge.
Et là commence pour Taz l'après et une vie qui ne sera plus jamais comme avant. Le vide, la douleur et un bébé minuscule mais vivant.
C'est l'anéantissement total pour Taz, le deuil et les jours sans Marnie et pourtant il ne peut pas s'abandonner à ce chagrin infini, Midge est là et a besoin de lui.
Alors il y a Rudy, l'ami de la famille qui le soutient au delà de tout et puis la mère de Marny, grand-mère perdue et touchante et la jeune baby-sitter qui l'accompagnent sur le chemin d'une autre existence.
Pete Fromm a un réel talent pour ne pas tomber dans le larmoyant et le pathos. L'écriture est délicate et porteuse de messages de tendresse et d'espoir.
L'auteur nous délivre un texte sur l'intime où les personnages nous touchent par leur chagrin et nous sommes soulagés quand un peu de soleil vient les réchauffer.
C'est un beau et grand moment de lecture.
Pete Fromm - La vie en chantier - Editions Gallmeister - Traduit de l'Américain par Juliane Nivelt - Parution Sept. 2019 - 384 Pages - 23.60 €
dimanche 6 octobre 2019
Edna O'Brien : Girl
"J'étais une fille autrefois, c'est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier."
C'est phrase qui sert d'ouverture au récit bouleversant d'Edna O'Brien place le lecteur dans la tête d'une jeune lycéenne, rare rescapée de la secte islamiste Boko Haram au Nigéria où elle avait été enlevée.
Les habitants de son village vivent dans la peur des actes tuerie et d'enlèvements de ces fanatiques religieux et hallucinés.
Avec d'autres lycéennes, elle va vivre l'enfer quand elle se retrouve dans le camp de la secte où toute humanité n'existe plus pour les femmes.
Edana O'Brien s'empare ici avec douleur d'un fait divers malheureusement connu et infâme. Des hommes parlent et agissent au nom de la religion pour réaliser les pires crimes de barbarie.
Nous mettons les pas dans ceux de Maryam et des autres qui comme elle subissent. L'auteur n'épargne pas, viols collectifs, tabassages, punitions pour rien ou rien. Femmes, elles sont impures et au nom d'Hallah les hommes du groupe abusent d'elles.
Maryam devient l'épouse trophée d'un de ses bourreaux, combattant dans la secte, il n'est pas religieux comme les autres. La misère dans le pays l'a contraint à adhérer au groupe.
De cette union forcée naît Babby, un poids immense pour Maryam mais aussi son échappatoire.
Après sa fuite, alors qu'elle retrouve son pays et sa famille, Maryam devient une "femme du bush", une de Boko Haram. Avec son enfant elle représente une menace pour le village.
Dans un pays qui traite les femmes comme rien, où elles subissent enlèvements et viols, où la famille leur laisse peu de place où les hommes restent tout puissants, Maryam et son enfant représentent la malédiction et la culpabilité.
Femme voilée, violée, fantôme, impure, cloîtrée, Maryam est toutes ces femmes victimes au nom d'Hallah, au nom de l'homme.
Le roman va loin dans l'horreur, nous pensons à toutes les dictatures, à tous les abus où le fait d'être femme représente déjà une douleur et un malheur.
Edna O'Brien fait un état des lieux d'un pays qui succombe et donne la parole à toutes les Maryam, à toutes celles qui ne seront plus jamais pour avoir vécu l'enfer et qui ne connaîtront jamais la liberté.
Un livre d'une grande actualité, malheureusement.
Edna O'Brien - Girl - Editions Sabine Wespieser - Traduit de l'anglais (irlandais) par Aude de Saint-Loup - Parution Août 2019 - 256 Pages - 21 €
lundi 23 septembre 2019
Tommy Orange : Ici n'est plus ici
"Ici n'est plus ici" est le premier roman de Tommy Orange, écrivain né à Oakland et appartenant à la tribu cheyenne.
C'est un roman douloureux et magnifique qui retrace la tragédie amérindienne à travers la destinée de douze personnages qui vont prendre la parole tout au long d'un texte puissant et intelligent.
Tout d'abord, il y a un prologue qui claque et met le lecteur en apnée, en présentant les faits marquant l'histoire du peuple indien et prépare à la lecture.
C'est un roman choral où les personnages, indiens d'Amérique nés dans les villes, meurtris par la vie sont à la recherche de leur identité. Ils vont se raconter, se croiser et certains se reconnaître au cours d'un grand Pow-Wow mettant à l'honneur leur culture.
Tommy Orange fait un constat émouvant de l'identité indienne, et la question qui est posée dans ce livre déchirant est : comment peut-on être indien aujourd'hui, quelle en est la signification ?
Douze personnages qui résonnent du mal être de leur condition, indiens urbains arpentant le bitume plutôt que les pistes, habitués aux gratte-ciel plus qu'aux montagnes sacrées.
Hommes, femmes et enfants, douze personnages nés américains et dont les origines les empêchent d'en être authentiques.
Avec eux, le lecteur est entraîné vers le grand Pow-Wow d'Oakland, un rassemblement qui leur permet de se regrouper et de fêter leur culture.
Nous sommes loin des clichés et du folklore dans lesquels la société a enfermé les natifs de l'Amérique. Aucune terre, aucun endroit n'évoquent plus pour eux leur culture et leur passé.
Les histoires des personnages sont bouillonnantes et le lecteur les accompagne au rythme de la musique, du bruit et des danses.
Un événement tragique que l'on sent venir tout au long du récit clôt ce livre sur la différence et la transmission. Il devient une lecture universelle, celle des laissés pour compte dans les grandes villes, ravagés pas la violence, l'alcool, la misère et la solitude.
C'est une très belle découverte d'auteur et d'univers, un récit plein de rage et de poésie. A lire.
Tommy Orange - Ici n'est plus ici - Editions Albin Michel - Traduit de l'Américain par Stéphane Roque - Paru Août 2019 - 352 Pages - 21.90 €
C'est un roman douloureux et magnifique qui retrace la tragédie amérindienne à travers la destinée de douze personnages qui vont prendre la parole tout au long d'un texte puissant et intelligent.
Tout d'abord, il y a un prologue qui claque et met le lecteur en apnée, en présentant les faits marquant l'histoire du peuple indien et prépare à la lecture.
C'est un roman choral où les personnages, indiens d'Amérique nés dans les villes, meurtris par la vie sont à la recherche de leur identité. Ils vont se raconter, se croiser et certains se reconnaître au cours d'un grand Pow-Wow mettant à l'honneur leur culture.
Tommy Orange fait un constat émouvant de l'identité indienne, et la question qui est posée dans ce livre déchirant est : comment peut-on être indien aujourd'hui, quelle en est la signification ?
Douze personnages qui résonnent du mal être de leur condition, indiens urbains arpentant le bitume plutôt que les pistes, habitués aux gratte-ciel plus qu'aux montagnes sacrées.
Hommes, femmes et enfants, douze personnages nés américains et dont les origines les empêchent d'en être authentiques.
Avec eux, le lecteur est entraîné vers le grand Pow-Wow d'Oakland, un rassemblement qui leur permet de se regrouper et de fêter leur culture.
Nous sommes loin des clichés et du folklore dans lesquels la société a enfermé les natifs de l'Amérique. Aucune terre, aucun endroit n'évoquent plus pour eux leur culture et leur passé.
Les histoires des personnages sont bouillonnantes et le lecteur les accompagne au rythme de la musique, du bruit et des danses.
Un événement tragique que l'on sent venir tout au long du récit clôt ce livre sur la différence et la transmission. Il devient une lecture universelle, celle des laissés pour compte dans les grandes villes, ravagés pas la violence, l'alcool, la misère et la solitude.
C'est une très belle découverte d'auteur et d'univers, un récit plein de rage et de poésie. A lire.
Tommy Orange - Ici n'est plus ici - Editions Albin Michel - Traduit de l'Américain par Stéphane Roque - Paru Août 2019 - 352 Pages - 21.90 €
lundi 12 août 2019
Yasmina Khadra : L'outrage fait à Sarah Ikker
Yasmina Khadra, dans son dernier roman "L'outrage fait à Sarah Ikker", reprend la veine du roman policer et place son intrigue au Maroc.
C'est l'histoire de Dris Iker, enfant du rif issu d'un milieu modeste. Il choisit de faire des études afin de s'en sortir et gravir les échelons de la société.
Lors d'une soirée, alors qu'il est un jeune policier débutant, il croise une superbe jeune fille, Sarah. Elle est la fille du grand patron de la police. Malgré leur différence de milieu, elle tombe folle amoureuse de lui et leur rencontre se termine par un mariage.
Alors qu'ils semblent filer le parfait amour, évoluant dans une société privilégiée, un drame se produit un soir chez eux.
Sarah est violée à leur domicile et plus rien ne va entre eux. Dris sombre dans l'alcool et Sarah dans une grave dépression.
L'enquête officielle apporte peu d'indices, Dris prend les choses en main et le couple vit une crise existentielle profonde.
Une galerie de personnages interviennent tous plus corrompus que jamais et peu fréquentables.
Yasmina Khadra nous entraîne au cœur du pouvoir et de la corruption. Il montre aussi la place de la femme et l'intervention de la religion dans une société où les non-dits sont nombreux.
Un roman un peu déroutant où l'enquête n'est pas l'enjeu mais un moyen de dresser le portrait corrosif de la société marocaine.
Une suite est prévue, peut-être apportera-t-elle une certaine profondeur aux personnages juste esquissés.
Yasmina Khadra - L'outrage fait à Sarah - Editions Julliard - Parution Mai 2019 - 288 Pages - 19€
C'est l'histoire de Dris Iker, enfant du rif issu d'un milieu modeste. Il choisit de faire des études afin de s'en sortir et gravir les échelons de la société.
Lors d'une soirée, alors qu'il est un jeune policier débutant, il croise une superbe jeune fille, Sarah. Elle est la fille du grand patron de la police. Malgré leur différence de milieu, elle tombe folle amoureuse de lui et leur rencontre se termine par un mariage.
Alors qu'ils semblent filer le parfait amour, évoluant dans une société privilégiée, un drame se produit un soir chez eux.
Sarah est violée à leur domicile et plus rien ne va entre eux. Dris sombre dans l'alcool et Sarah dans une grave dépression.
L'enquête officielle apporte peu d'indices, Dris prend les choses en main et le couple vit une crise existentielle profonde.
Une galerie de personnages interviennent tous plus corrompus que jamais et peu fréquentables.
Yasmina Khadra nous entraîne au cœur du pouvoir et de la corruption. Il montre aussi la place de la femme et l'intervention de la religion dans une société où les non-dits sont nombreux.
Un roman un peu déroutant où l'enquête n'est pas l'enjeu mais un moyen de dresser le portrait corrosif de la société marocaine.
Une suite est prévue, peut-être apportera-t-elle une certaine profondeur aux personnages juste esquissés.
Yasmina Khadra - L'outrage fait à Sarah - Editions Julliard - Parution Mai 2019 - 288 Pages - 19€
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