Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




vendredi 17 juin 2011

Bret Easton Ellis : Moins que zéro

Chef de file du Brat Pack, courant littéraire américain des années 1980, Bret Easton Ellis est devenu avec ce roman le symbole de toute une génération gavée de clips et de drogue. L'auteur avait 21 ans quand il l'écrit.Paru aux Etats-Unis en 1985, le livre dissèque sans complaisance, sans état d'âme, la société de jeunes très privilégiés. Ellis décrit dans un style très documenté et très authentique le vide et la platitude leurs vies.
Le lecteur suit la vie de Clay, 18 ans, gosse de riche, de retour à Los Angeles pour les vacances scolaires de Noël. Il retrouve son ex petite amie, Blair. D'autres sont là aussi, une quantité de garçons et filles, une liste de prénoms interchangeables. Ils sont pareils, aussi vides et seuls derrière leurs lunettes noires et les vapeurs d'alcool, la fumée de cigarettes et les vertiges de la cocaïne...
Clay se pose pourtant des questions sur le sens de sa vie. Il sait qu'elle n'en a pas. L'auteur saisit l'intime, l'errance, l'inconsistance, la chute, les nausées, le désespoir vertigineux.
L'argent à profusion, l'indifférence des parents, le manque de repère, la recherche de l'extrême dans les plaisirs comme dans les excès donnent à ce livre la dimension d'un documentaire. Il est bouleversant dans la mesure où tout est pris dans l'instantané sans analyse, sans apporter de réponse.
Un constat effrayant pour ces jeunes, aucun espoir, juste la perspective du pire.
L'écriture est incisive. Dans une suite de dialogues percutants, le lecteur se retrouve face à ces jeunes insipides au comportement trop remuant.
Aucune empathie mais pourtant la description de leurs milieux familiaux, de l'argent, de l'accès facile à tout, du manque de tout aussi fait qu'on peut les comprendre.




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