Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




samedi 26 juin 2010

Vacances

Un peu de vacances, loin....
Je lirai, je vous raconterai.....
à bientôt

jeudi 24 juin 2010

Eleni YANNAKAKI : Les chérubins de la moquette

24 heures de la vie d'une femme, plusieurs auteurs ont déjà écrit sur ce thème. Il s'en passe tellement ! Entre le ménage, les courses, la cuisine, les enfants, le mari.... et les amants !
Voilà, je voulais lire un roman grec c'est fait !
Surprenant, déroutant. Les chapitres sont ponctués par les heures de cette femme et sous la forme d'un long monologue elle nous fait découvrir sa vie. Vie d' épouse, de mère, de femme c'est la vie de Maria.
Le lecteur peut se lasser de cette obsession pour le ménage qui la possède très tôt le matin, l'auteur ne nous épargne aucun détail fastidieux de cette lutte contre la saleté et de cette recherche effrénée du meilleur produit ménager. Bref c'est à première vue 24 heures dans la vie ordinaire d'une femme ordinaire.
Epouse d'un architecte, elle a abandonné de brillantes études artistiques pour se marier fonder une famille, se faire une place dans la bourgeoisie d'Athènes, que peut elle rêver de mieux ?
Au fur et à mesure la confession se fait douloureuse, nous constatons que la journée n'est pas ordinaire. Il y a un an Maria apprenait la mort de son amant. Elle en a eu d'autres avant. Par bribe, entre cruauté et humour, entre désespoir et peur, mauvaise foi et cynisme, l'auteur met de la profondeur dans cette femme.
Eleni Yannakaki transforme cette desperate housewife en femme tout simplement rattrapée par la vie et qui à un moment donné s'est oubliée.



mardi 15 juin 2010

Yoko OGAWA : les tendres plaintes

Yoko Ogawa nous transporte avec sa nouvelle oeuvre dans le coeur d'une passion violente et secrète. Au centre de cette histoire un clavecin et ses notes égrenées, et particulièrement celles de Rameau et de la pièce qui donne le titre à l'ouvrage. Trois personnages gravitent autour de cette mélodie torturée et mélancolique et nous offrent des déclinaisons de l'amour subtilement analysées par l'auteur. Ruriko, calligraphe, fuit le domicile conjugal et les infidélités et violences de son mari. Elle part se réfugier dans la forêt loin de Tokyo. Elle rencontre Nitta, ancien pianiste qui ne peut plus jouer en public, reconvertit en facteur de clavecin. Kaoru sa très jeune assistante est présente d'une manière trouble. Très vite la sympathie s'installe et très vite le trio joue sur des cordes sensibles trop sensibles. L'auteur distille les mots, la peur, l'évolution des sentiments dans un paysage de toute beauté, sombre et lumineux. Elle suggère et ne tranche pas sur la passion amoureuse. Elle nous donne des scène d'une cruelle beauté alliant les souffrances secrètes. Souffrances des non-dits, des secrets de l'autre qui resteront cachés mais que l'on imagine.
Avec des mots simples, des phrases courtes et des descriptions à couper le souffle Ogawa nous interroge sur l'amour. L'amour physique est il plus fort que le désir platonique, la passion que l'on voue à son art peut elle se partager et que signifie donner ? L'auteur ne donne surtout pas de réponse mais juste l'émotion.
Un vrai coup de coeur.

Hubert SELBY Jr : Le démon

Ecrit en 1976, le livre de Selby nous montre la puissance de l'écriture de cet auteur américain disparu en 2004. Selon lui : "La vie est une salope, mais c'est la seule qu'on ait..." On peut déjà imaginer son univers.
Avec Harry, prénom déjà donné à ses héros précédents, Selby nous montre encore une nouvelle facette de l'homme, cette fois c'est le démon qui sommeille en lui.
Harry est sympathique, jeune cadre dynamique il incarne le rêve américain. Il est choyé par sa famille, il est beau et séduire les femmes mariées lui apporte une grande satisfaction. Il jouit de la vie et quand il ne se sent pas bien il trouve un exutoire dans le sexe. Ensuite il peut penser à son travail.
Le lecteur plonge dans l'âme noire de Harry et ses pulsions autodestructrices. Petit à petit on sent Harry possédé par une force contre laquelle il essaie de lutter. Selby nous peint alors des réunions ou vacances familiales tout à fait extraordinaires avec une vie bien réglée dans une société faite pour la réussite. Mais le démon est là.
Selby ne nous épargne rien de la progression de cette violente obsession au sexe, à la mort. Le mal est plus profond, Harry est malade et il n'y a pas de remède, pas de salut. Jusqu'au bout il recherchera l'exaltation, dans le sexe, le crime, le sordide jusqu'au chaos final. L'analyse psychologique de Harry devient fascinante, la double personnalité ressort dans des dialogues hallucinés où même Harry ne sait plus qui il est.
L'écriture est violente, crue à la limite du soutenable tant les scènes décrites prennent aux tripes. Selby aussi va au bout de lui-même avec talent pour décortiquer le mal.
Même si le lecteur vacille entre répulsion et attirance, il n'en reste pas moins un roman d'une grande maîtrise.