Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




vendredi 26 juin 2009

Philippe Deblaise : Le manuscrit de Pignatelli

Ce livre d'une extraordinaire richesse historique nous entraîne, façon thriller, dans une des pages les plus sombres de l'Histoire de France, celle des guerres de religion qui finira avec la sanglante journée de la St Barthélémy.
Le fil conducteur est le précieux manuscrit de Pignatelli acheté à Naples par Charles Périer imprimeur-libraire. Il sera perdu, retrouvé après beaucoup d'aventures et de morts violentes.
Le rythme est rapide, l'écriture reste élégante dans la noirceur de l'histoire et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
Nous faisons la connaissance de Charles Périer, homme austère et profondément honnête qui a mis toute sa vie dans l'amour des livres et de la connaissance. C'est également l'occasion de découvrir , au 16ème siècle, la vie de ces libraires imprimeurs, protestants. Ces hommes n'ont pas cessé de s'exposer pour faire triompher leur foi et leur liberté de leur religion.
Ce livre nous décrit d'une façon saisissante la montée de l'intolérance religieuse et la mise en place d'un intégrisme accepté par l'opinion publique. Il est en cela très actuel et nous montre combien les mouvements d'intolérance et l'obscurantisme ont traversé le temps pour rester encore très présents.
Amoureux des livres et particulièrement de la littérature équestre l'auteur nous plonge dans une épopée historique époustouflante avec d'émouvantes rencontres humaines.





dimanche 21 juin 2009

Christine Eddie : Les carnets de Douglas

Ce livre a été le lauréat du prestigieux prix littéraire 2008 France-Québec. C'est une jolie histoire qui pourrait commencer par "Il était une fois..." et nous faire croire à une histoire à l'eau de rose. ¨Pourtant je me suis laisser porter par cette écriture épurée, claire, à bout de souffle. L'histoire d'amour absolu est belle comme toute les histoires d'amour absolu. Romain et Elena deux jeunes gens que la vie familiale a très tôt meurtris vont se rencontrer et s'aimer, ils ont une petite fille Rose mais l'histoire se finit mal. Pourtant il y a de la vie dans cet amour jusqu'à la dernière ligne de livre d'une très grande poésie.
Chaque chapitre, très court, nous raconte l'histoire d'un des personnages, peu nombreux, du roman. C'est clair et les thèmes traités avec sérieux, famille reconstituée, amour, transmission, nous donnent à réfléchir avec sensibilité.
Christine Eddie par des mots simples, directs, nous brosse le portrait de jeunes gens attachants qui ont fui tous les carcans pour préserver la seule valeur digne d'être vécue : la liberté.
Face à une industrialisation débridée et saccageuse, ils vivent l'amour de la nature, par la nature et la musique. Cette musique que Rose portera dans sa vie comme la présence des personnes aimées qui ne nous quittent jamais vraiment.
Un regret quand même à la lecture de ce livre, j'aurais aimé plus de détails sur la vie de Douglas qui a aimé au point de tout quitter. Une seule page de ces carnets nous est offerte au début du livre et elle est très belle. Oui je pense qu'il avait des choses à nous raconter. Comment se passe une vie quand on veut fuir l'amour, la douleur et que finalement on emporte tout avec soi ?
Un petit livre plein de charme et de finesse à découvrir avec intensité et profondeur.
Il a une nostalgie du temps passé, des choses qui ne reviendront pas et pourtant qui recommencent toujours.

A lire et relire...

vendredi 19 juin 2009

Andrew Sean Greer : Histoire d'un mariage

Il est des livres comme de certaines personnes, on aimerait ne pas perdre de temps avec celles qui ne nous intéressent pas. Par politesse, honnêteté plutôt, on va au bout et on le regrette déjà. J'avais choisi ce livre pour la quatrième de couverture prometteuse, l'histoire était forte et pouvait sortir des clichés communs.
Dans une Amérique des années 50 ou plus exactement l'année 1953 complètement kitsch, la narratrice nous raconte l'histoire de son couple et l'irruption dans sa vie de l' ancien amant de son mari. Cet homme, revenu de tout, est prêt à tout pour le récupérer et il va conclure avec cette femme des accords dont on ne comprend pas très bien la réalité. L'auteur nous rabâche des descriptions d'une Amérique en train de changer, de pauvres clichés sur le procès et l'exécution des Rosenberg, de la guerre en Corée, de ces soldats américains venus sauver la vieille Europe, de la ségrégation, du communisme. On en arrive à ne plus croire en cette innocence mise en avant tout au long de ce livre. C'est un moyen qu'utilise certains écrivains américains qui nous imposent une version de leur monde bien sous tous rapports malgré l'acceptation d'évidentes faiblesses. Peut on encore y croire ?
L'histoire aurait pu nous captiver, le drame est là comment peut on réagir quand le passé revient? Un secret enfoui, une histoire d'amour interdite, des hommes dans un monde intolérant de ces valeurs. L'écriture n'arrive pas à faire passer l'émotion, le discours que tient l'héroïne n'est pas crédible face à cet ancien amant. Tout est dans les faux semblants, les faux départs, les amants qui ne le sont pas, l'histoire qui se perd dans une fin digne d'une Amérique si puritaine.
Il semble que le roman est écrit comme un bon scénario avec détails et descriptions d'une grand précision ( soleil déclinant sur le Golden Gate, clair de lune) et qu'il peut servir un film si on se tient à raconter une histoire ordinaire. La traduction est surprenante et dessert encore davantage cette histoire qui se veut d'une trop grande complexité pour émouvoir et intéresser. Peut on encore faire confiance à la quatrième de couverture ?

lundi 15 juin 2009

Mary Ann SHAFFER : Le Cercle littéraire des ...

amateurs d'épluchures de patates. Le titre est déjà une curiosité et la lecture de ce roman a été une surprise très agréable. Ce livre est idéal pour sortir de la morosité littéraire actuelle.
La description de personnages délicieusement originaux, la vie dans les iles anglo-normandes, l'amour des livres et de la lecture font de ce roman épistolaire un petit chef d'oeuvre d'humour et d'intelligence.
Juliet, la narratrice, est écrivain et vit à Londres. En 1946, la ville panse ses blessures et l'horreur de la guerre est partout. Elle reçoit un jour une lettre d'un habitant de Guernesey désirant en savoir plus sur un auteur, et c'est le départ d'une correspondance où l'on va faire la connaissance de ce fameux cercle littéraire et de ses protagonistes. Juliet, est vive, intelligente, fantasque bref attachante.
Racontant une douloureuse page d'Histoire, celle de cette île et de ses habitants pendant l'occupation allemande, ces lettres nous montrent combien l'Histoire est dérisoire et absurde face à des gens qui voulaient juste vivre tranquillement sur leur terre.
La création de ce cercle littéraire dicté par l'instinct de survie, devient un formidable moyen de se réunir, s'aimer, s'aider, lutter et devient un merveilleux hommage à la lecture.
La présence solaire tout au long du roman d'Elisabeth, à travers le témoignage des habitants, nous rend plus cruel son absence, sa fin tragique et nous réveille brutalement.
Certains personnages sont peut être moins crédibles que d'autres mais tous possèdent ce petit plus de fantaisie et de gentillesse qui nous donnent envie d'y croire et de se dire oui si on veut , on peut rendre la vie plus belle encore.

La forme épistolaire offre un charme supplémentaire à ce livre à l'humour très british
très bien mené.
On peut toutefois noter certaines lourdeurs dans les toutes premières lettres ainsi que l'avalanche de personnages mais on est vite pris par cette aventure littéraire et humaine
Ce n'est peut être pas le livre de l'année, mais il possède une certaine fantaisie, c'est un vrai coup de coeur




dimanche 7 juin 2009

Nathalie Gendreau : La peau d'Anna

Deuxième livre de cet auteur et premier que je lis. Le sujet est assez lourd puisqu'il évoque les derniers moments d'un homme atteint par la maladie d'Alzheimer. Il n'a pas revu sa fille depuis plus de 10 ans et voudrait maintenant lui parler, se raconter avant de tout oublier. Atmosphère poignante que l'on imagine lourde de secrets qui vont enfin être dévoilés.
Des secrets, il y en a beaucoup, et l'on comprend qu' Anna, la fille, ait eu autant de mal à vivre et même à survivre avec un tel passé familial.
L'écriture est pesante de détails souvent crus, parfois inutiles. Les secrets de famille font l'objet de non dits sinon ils ne sont plus des secrets. Mais pourquoi vouloir cumuler le mal et nous faire subir à chaque page presqu'à chaque ligne une telle noirceur dans chaque rebondissement ? L'inceste, le viol, la perversion, les cauchemars nous engluent pendant la lecture.
L'atmosphère ne s'allège jamais même à la fin où Anna va enfin pouvoir vivre et nous respirer par la même occasion.
Tout absolument tout est arrivé à Anna.
Rien ne peut être ajouté.

Fanny Brucker : J'aimerais tant te retrouver

Voilà le deuxième roman de Fanny Brucker, j'avais trouvé le premier " Far Ouest" assez déconcertant tant concernant les personnages que dans la fin ultime d'un road-movie assez improbable en Charente Maritime avec des personnages autant dérisoires que fades.
J'ai terminé la lecture du dernier et je suis assez surprise de constater que les héros sont perdus dans une quête surprenante dont on peut comprendre certainement la légitimité mais pas toujours les moyens d'y parvenir
.
J'ai beaucoup de mal à supporter les parcours empruntés par ces héros, croire à leurs névroses et les clichés sont toujours les mêmes.
La femme intelligente qui a fui la ville et les hommes et qui sans cesse se ressource de nature et de souvenirs, la jeune femme intelligente aussi et qui un beau matin quitte homme, travail et Paris pour chercher dans une province naïve la solution à ses problèmes et le beau garçon malheureux en amour à qui la vie a aussi fait le terrible cadeau d'être né sous X et qui
un jour va chercher sa mère à Rochefort sur ...Mer.
En résumé, j'ai trouvé l'écriture banale comme les personnages, je nai pas trouvé l'émotion qui peut exister et qui existe sûrement dans une quête aussi forte. Tout est prévisible et attendu.
La surprise de l'écriture ou de l'histoire ne vient jamais.
Dommage.

samedi 6 juin 2009

Tatiana de Rosnay : Boomerang

De cet auteur j'avais lu et aimé "Elle s'appelait Sarah" où dans une écriture fine, délicate et sans fioriture elle décrivait la Shoah à travers l'histoire d'une petite fille et d'un secret de famille.
C'est un sujet qui lui tient à coeur puisque dans son dernier roman "Boomerang" il est question aussi d'un secret qui va traverser le temps et abîmer une famille.
L'écriture est toujours aussi fouillée dans sa finesse, le milieu ultra chic nous décrit une bourgeoisie avec ses valeurs et ses moeurs inavouables et surtout inacceptables.
Antoine, la quarantaine, est un peu paumé, sa femme l'a quitté, sa soeur a un parcours amoureux un peu difficile. Après un retour d'un week end sur les lieux de leurs vacances d'enfance, un accident de la route va les replonger dans leur passé et ses non dits. Leur mère disparue trop tôt a emporté avec elle un secret. Secret d'amour.
Des souvenirs reviennent, des images réapparaissent et nous entraînent dans un thriller familial un peu trop convenu. Un peu trop cliché.
Oui Antoine est touchant et sa famille bourgeoise trop bourgeoise, oui la mère a vécu une passion adultère, oui c'est vrai que le travail de mémoire est bien analysé mais je me suis un peu ennuyée. Je les ai trouvés tous très ordinaires et prévisibles, surtout la copine d'Antoine avec sa moto et ses longs cheveux.
Je n'ai pas retrouvé l'écriture qui m'avait tant bouleversée. L'histoire n'est pas la même, bien sûr, mais les phrases se suivent dans un style que je trouve moins fort et attachant. Je suis un peu déçue.
J'attends le prochain.