Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




dimanche 30 novembre 2008

Nos séparations, David Foenkinos

Le dernier Foenkinos nous raconte l'histoire de Fritz et Alice, ils se rencontrent, ils s'aiment, ils se quittent et puis ils se re-rencontrent ils se re-aiment et se re-quittent et puis ils se.... Ni avec toi, ni sans toi....
Voilà une belle histoire d'amour, ils vont s'aimer, se marier, avoir des enfants mais pas ensemble.
On s'attache à Fritz, plein de projets pour la vie qui commence pour lui et Alice à qui il voue une très belle passion. Elle aussi on l'aime, ils sont différents, ils se complètent, il la fait souffrir sans vraiment le vouloir. Bref, c'est un roman que l'on n'a pas envie de lâcher, eux non plus d'ailleurs. On voudrait les voir heureux et puis voilà la vie est là, elle continue. Les histoires s'achèvent et puis d'autres recommencent. Je ne me suis pas ennuyée, l'auteur est drôle et sensible, et l'histoire est intéressante et vraie d'un bout à l'autre. On a l'impression de les connaître ces deux là qui jouent à je t'aime moi non plus, on connaît leurs dîners de famille, leurs collègues... A lire absolument au moins pour connaître Foenkinos .

vendredi 28 novembre 2008

Une lueur dans une nuit de tempête

"Laver les ombres" de Jeanne Benameur, nous raconte deux femmes , Romilda et Léa, mère et fille. Léa danse, elle danse pour se sauver, elle danse pour ne pas parler, elle danse pour ne pas s'arrêter, jamais. Elle est amoureuse de Bruno, un peintre, trop immobile pour elle. Un soir de tempête sa mère l'appelle, elle a peur toujours Léa le sait, le sent, elle veut lui parler, il est temps. Alors Léa part retrouver cette femme qui lui a transmis sa peur, elle va enfin savoir.
Et c'est dans une nuit de tempête au bord de la mer , dans la maison de son enfance, que Léa va devenir adulte. A travers des tableaux du passé et présent, la mère va raconter son histoire. Tout a commencé à Naples, Romilda, belle italienne a seize ans. Elle rencontre un beau français, le père de Léa, et pour lui elle devient Suzanne et vend son corps dans une maison close. Ce secret, véritable douleur à jamais tue, Romilda le raconte ce soir, se délivre de ce poids l'entraînant dans les abîmes des non dits. Elle le doit à Léa, pour que Léa puisse vivre.
C'est un texte épuré, douloureux de secret et de vérité. Doit on tout dire à son enfant ? L'amour ne suffit il pas ? Peut on se libérer vraiment du passé en le racontant ? A t on le droit de transmettre ses maux de l'âme ? Le texte est vibrant, retenu, les pauses troublantes, une confession murmurée dans un souffle.
Une information : laver les ombres, en photographie,
signifie mettre en lumière un visage pour en faire un portrait.


mercredi 26 novembre 2008

Le dernier Lodge

La vie en sourdine, le dernier roman tellement autobiographique de David Lodge est une merveille d'humour, de sensibilité et de coquinerie ! Traitant de sujets graves il arrive à nous dire que finalement rien ne vaut la vie même si elle nous brutalise souvent. Desmond est un brillant universitaire et fringuant retraité avec une superbe femme très branchée sauf que Des est sourd comme un pot. Quand par exemple il oublie ses appareils auditifs on souffre comme lui d'être humilié, gêné par ce handicap, surtout quand les gens tiennent à vous parler et qu'ils insistent. C'est lors d'une soirée qu'une étudiante va engager une conversation à laquelle il ne comprendra rien et dont le résultat va bousculer sa tranquillité. L'étudiante est quand même légèrement perturbante et perturbée. Desmond s'occupe également de son père, désirant garder sa liberté et finir sa vie dans sa maison. Des thèmes lourds,
décrits avec justesse, les personnages sont vrais et attachants. Le ton est comique et tragique comme la vie que l'on traverse. Tout est finesse dans ce roman qui nous touche infiniment. J'ai beaucoup aimé.

samedi 22 novembre 2008

Singué Sabour, le pouvoir des mots....

Syngué Sabour, pierre de patience, le Goncourt décerné à Atiq Rahimi est une légende afghane racontant l'histoire e cette pierre mystérieuse ayant le pouvoir d'absorber tous les maux qu'on lui confesse, à la fin quand elle ne peut plus en avaler elle explose. Les mots guérissant les maux, c'est beau. Syngué Sabour m'a fait penser à un conte oriental et je me suis dit humm un peu d'exotisme... Avec un récit court construit dans un style épuré, l'auteur nous raconte, dans un pays dévasté par la guerre,l'histoire d'une femme afghane au chevet de son mari en train de mourir, peut être est il mort. Voilà pour le conte oriental. Dans une pièce vide, une maison vide, cette femme délivre ses mots à son mari qui ne peut pas lui répondre. Elle raconte l'histoire de sa vie, brisée dès l'enfance au nom des croyances, humiliée dans ses rôles de femme et d'épouse. Elle qui n'a jamais pris la parole, n'a jamais regardé cet homme dans les yeux, elle va oser. Elle parle, se libère, raconte ses souffrances, ses espoirs, ses secrets. Ce sont les voix de toutes les femmes humiliées par des hommes devenus bourreaux. Les mots sont percutants, ils font mal. Les phrases brèves nous soufflent l'histoire de cette femme, de toutes ces femmes qui au nom d'une religion, d'un mariage sont bannies de la vie même. Alors voilà elles deviennent des ombres, comment est ce possible ?
Un récit pur, Syngué Sabour ou l'orient à la rencontre de l'occident.

lundi 17 novembre 2008

Dans le monde animal, les faibles sont vite éliminés

C'est la première phrase du livre de Joyce Carol Oates "la fille du fossoyeur" et elle donne le ton à ce récit dense, sombre et palpitant. La famille Schwart quitte l'Allemagne pour fuir le nazisme en 1936 et se réfugie à New York. Rebecca naîtra d'ailleurs à l'arrivée dans le bateau dans de misérables conditions, son père sera employé municipal au cimetière de Milburn et toute la famille connaîtra une vie d'humiliation, de misère sans espoir qui conduira le père au pire. C'est avec cet héritage familial lourd que Rebecca va apprendre la vie, les hommes, la maternité. Une fuite de tous les instants, pour un jour faire face à son passé et essayer de le faire revivre.
Oates avec une recherche précise nous décrit les sentiments, les passions, les désillusions, les frustrations de Rebecca et de sa famille. Le lecteur est emporté par cette vie, le détail est à fleur de peau, l'air se fait rare, on suffoque. Toute sa vie Rebecca vivra sa difficulté d'être une femme et dêtre reconnue et subissant toujours la présence menaçante de l'homme. Mais elle le fera dans un combat permanent.
Le passé nous rattrape toujours, tant mieux quand il nous libère aussi.
C'est un vrai grand roman.

mercredi 5 novembre 2008

Crise de la quarantaine


Je viens de découvrir un auteur Pierre Mari et son deuxième et dernier roman "L'ange incliné". Il enseigne la littérature, ceci expliquant cela. Voilà. C'est à travers l'histoire d'un enseignant de 40 ans le pseudo monologue d'un professeur sur sa triste condition de penseur, d'intellectuel voué à l'incompréhension de ses collègues, du monde littéraire, de ses élèves. Tout est disséqué à merveille, les colloques ennuyeux où il apporte son savoir à des béotiens, les cours donnés à des élèves qui ne perçoivent pas une once de son sublime parcours. Personne n'arrive à le comprendre, ni sa mère veuve depuis peu,ni sa compagne. Pourtant il pense, il pense. Tout est analysé, on voit qu'il y a a du vécu là dedans. Puis arrive sa rencontre, une illumination dans sa vie si fade finalement, avec une jeune femme de 24 ans et là encore tout est décortiqué, la ville sous la pluie, la cathédrale, les cheveux de cette femme et c'est encore compliqué pour lui. Je n'arrive pas à m'attacher à ce héros, à cette histoire. C'est très bien écrit mais tout est ennuyeux dans la vie de ce pauvre enseignant incompris. La morale ? qu'il fasse autre chose !

lundi 3 novembre 2008

Le livre d'Hanna ou pourquoi ne pas oublier

Je viens de terminer le dernier livre de Géraldine Brooks, lauréate du prix Pulitzer 2006, "le livre d'Hanna". A partir d'une histoire vraie, elle nous fait revivre les périodes les plus sombres et les plus dures de la religion quand celle ci était synonyme d'intolérance et de persécutions. La Haggadah, récit de la Pâque juive, va rassembler juifs, chrétiens, musulmans. Grâce à ce livre c'est le combat des hommes pour la liberté, l'amour de l'art, la culture, la transmission qui est décrit avec une force étonnante. Les personnages sont courageux, lâches, cruels et généreux à la fois mais tellement humains. C' est un véritable hymne à la tolérance . Ecrit un peu comme une fantastique enquête à travers le temps, il nous offre une étude intelligente sur l'art religieux. L'auteur nous montre son talent de journaliste quand elle raconte le présent et celui de l'écrivain quand elle nous conte le passé. Le message ? Un profond respect de la mémoire, de la foi, de la différence, de l'être humain nous interpelle jusqu'à la dernière ligne. C'est très fort.