je veux encore rouler des hanches,

je veux me saouler de printemps

je veux m'en payer des nuits blanches

à cœur qui bat, à cœur battant

avant que sonne l'heure blême

et jusqu'à mon souffle dernier

je veux encore dire "je t'aime"

et vouloir mourir d'aimer

Barbara

dimanche 23 juin 2013

Donald Ray Pollock : Le Diable, tout le temps

    Pour son premier roman, Donald Ray Pollock évoque une Amérique trop profonde où à force de prier Dieu, on convoque le Diable, tout le temps.
   De Knockemstiff, Ohio, ville paumée à éviter absolument, à la Virginie Occidentale, il entraîne le lecteur dans un périple d'une violence absolue avec des personnages tous  plus pathétiques et monstrueux les uns que les autres.
   L'histoire se passe entre 1945, juste après la guerre, pour finir dans les années 1960.
    Et le lecteur est happé par les destins entremêlés de ces héros qui se croisent et se fuient, jusqu'à s'entretuer , le tout dans une barbarie absolue.
   Le fil rouge (sang) de ce roman, vous l'avez compris, c'est le mal, porté par les plus vils instincts de ces hommes et femmes hallucinés et estropiés de l'âme jusqu'à a folie.
   Willard juste rentré de l'enfer du Pacifique, est fou d'amour pour sa femme Charlotte. Atteinte d'une maladie incurable, il devient fou de prières, de croix, de rites sacrificiels à en faire couler beaucoup de sang d'animaux pour la sauver mais il cherchera d'autre provenance.
    Il crée pour cela un lieu, un autel de prières dans une clairière, qui tient plus de l'Apocalypse que de la promenade bucolique. Lieu que l'on retrouve dans le livre mais qui est présent surtout au début et à la fin. 
Son fils, Arvin, témoin silencieux de toutes ces souffrances, l'accompagnera dans ses actes les plus insensés. Il devient fou de justice.
   Ensuite de façon très efficace, Pollock, fait intervenir des personnages tout au long du récit aux vies cahotiques et abjectes où seule la violence la plus folle tient lieu de langage et d'échanges.
   Prédicateurs fous, shérif violent et corrompu, couple sadique....
   C'est hallucinant et l'écriture de Pollock, ample et sèche nous happe jusqu'au bout. Dans une prose radicale, il construit un récit très maîtrisé qui interroge le lecteur sur ses propres noirceurs.
   Pollock est un maître dans l'art d'écrire non pas uniquement une oeuvre noire mais un récit fulgurant sur des héros effroyablement humains à force de les côtoyer de l'intérieur.
    C'est l'Amérique loin des clichés où rédemption devient damnation.


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