Non, je n’oublierai jamais la baie de Rio

La couleur du ciel le long du Corcovado

La Rua Madureira, la rue que tu habitais

Je n’oublierai pas pourtant je n’y suis jamais allé



lundi 17 octobre 2016

Donald Ray Pollock : Une mort qui en vaut la peine

     Revoilà Pollock, génial conteur, écrivain à la plume impitoyable et pourtant  si tendre pour ses personnages explosés par la vie, ces ratés poursuivis par l'éternelle poisse.
     Dernier roman de cet  homme qui dans ses livres (Knockemstiff, Le Diable, tout le temps) crie toujours son amour et sa haine pour une Amérique perdue dans l'alcool et la misère, dans le racisme et l'inculture.
     Bref, un roman que j'attendais.
     En 1917, alors que l'Amérique se prépare à entrer en guerre contre l'Allemagne et  à mobiliser ses troupes, commence pour les trois frères Jewett la plus macabre et étourdissante des cavales.
     Trois gamins, sales, affamés et naïfs, tout juste orphelins sont lâchés dans un monde sans pitié et sans morale et ont juré de tout faire pour se sortir de leur triste sort.
     Ils décident de faire, comme leur héros de papier dont le frère aîné leur racontait l'unique histoire, de cambrioler des banques, avoir plein d'argent pour manger, boire et profiter de la vie.
     Rien ne se passe comme prévu et la violence et la mort s'invitent à leur danse frénétique.
     Dans leur course chaotique, ils rencontrent des personnages tous plus déjantés et ravagés par une vie de misère et de bêtise.
     Ils vont accompagner un temps les trois frères, et l'auteur nous montre un échantillon de cette humanité que l'Amérique est capable de créer : des pauvres bouseux, des êtres pervers et tourmentés, des mystiques, des salauds, tous remplis d'une telle imbécillité que l'on a honte d'en rire.
     Parce que l'on rit au détour d'une phrase bien placée, aux mots justes comme sait si bien les écrire Pollock.
      Dans un style sec et nerveux avec un vocabulaire parfois très cru qui embarrasse, l'auteur analyse très finement et au plus profond la noirceur de l'âme humaine. 
      Et parce qu'elle est humaine, on se régale de ces portraits d'illuminés et on s'attache à ces trois gamins et à leurs rêves de gosse.
      1917, c'est l'Amérique qui se construit et s'industrialise, qui va prendre le pas sur la vieille Europe. C'est une fresque et un constat d'un pays toujours en prise avec ses contradictions originelles.
      A ne pas manquer de lire.
Donald Ray Pollock - Une mort qui en vaut la peine - Editions Albin Michel - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bruno Boudard - Octobre 2016 - 576 Pages - 22.90 €
   

Aucun commentaire: