C'est dans un univers bouillant, dense et envoûtant que nous plonge le dernier roman de Laurent Gaudé : "La porte des enfers". Alternant ombre et lumière, calme et frénésie mentale, espoir et désespoir sans fond, ce récit est absolument obsédant. Pippo le fils de Matteo et Giuliana meurt sous les yeux de son père, sous les balles d'un réglement de comptes entre mafiosi. La douleur s'abat sur ce couple, "donne moi celui qui l'a tué ou rends moi mon fils" voilà ce que demande Giuliana à Matteo. On revit avec Matteo la scène de la mort de son fils évaluant seconde après seconde la possibilité de le sauver, on souffre avec Giuliana de cette insoutenable et brutale disparition. Alors, Matteo nous entraîne dans ses errances, nous partageons ses rencontres avec des êtres aussi inoubliables les uns que les autres. Il doit y avoir une porte au bout de cette nuit.Matteo va la trouver et descendre les marches qui le conduiront vers son fils.
La mort accompagne chaque page obsédante, cruelle et ironique.
La vengeance ne guérira pas Matteo et Giuliana de la mort de leur fils, la douleur restera à jamais dans leur corps, dans leurs vies.
C'est un livre très fort sur la désespérance la plus totale face à la disparition des êtres chers.
Un beau moment de lecture.



