Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




dimanche 13 février 2011

David Vann : Sukkwan Island

Pour cet ouvrage David Vann a reçu le Prix Medicis Etranger en 2010. C'est l'histoire de Jim, complètement égoïste et paumé, divorcé il est père de deux enfants et vit actuellement séparé de sa dernière compagne. Il décide alors de tout quitter pour partir sur l'île de Sukkvann où il a acheté une cabane. Loin de tout et coupé de la civilisation, cette année d'isolement lui permettra de faire le point et de se reconstruire. Dans son aventure il emmène son fils Roy, 13 ans.
Dans un retour à la nature absolu avec pour seul lien avec les hommes une radio, le père et le fils vont essayer de se connaître et d'aller au bout de cette expérience unique.
Le décor grandiose tant par sa beauté que son hallucinant isolement entraînent le lecteur dans une situation difficilement soutenable.
D'autant plus que Jim se révèle très vite minable, aussi bien dans son rôle de père que celui d'homme.
La nature le rattrapera violemment par son implacable puissance et le lecteur sombre alors dans un huis-clos où la folie est présente du début à la fin.
Une atmosphère violente où l'on sent que la raison va basculer. Les scènes de chasse, de construction d'abris, les journées de pluie, de froid basculent dans l'irréel.
Servi par une écriture sèche, nette et efficace, l'ouvrage détaille bien la personnalité de ces pères (et mères) irresponsables qui voient dans leurs enfants des partenaires à qui tout peut être dit.
La première partie finit avec une phrase d'une violence extrême et laisse présager du délire dans lequel plongera ce père.
C'est un livre sombre, noir où les quelques passages lumineux nous broient tant le ton reste haletant. Roman du manque, de la défaillance, de l'immaturité qui laisse un certain malaise.



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