Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 27 avril 2011

Eduardo Sacheri : Dans ses yeux

Premier roman de cet auteur argentin dont l'adaptation cinématographique a été récompensée par l'Oscar du meilleur film étranger.
Buenos Aires 1968, l'Argentine aborde une des pages les plus noires de son Histoire. A cet époque Benjamin Chaparro, jeune juriste se voit confier l'enquête d'un meurtre.
Liliana institutrice, jeune mariée et enceinte est sauvagement violée et assassinée dans son appartement. Chargé d'annoncer la mort au mari, Moralès, Chaparro est bouleversé par ce drame . Il le rencontrera plusieurs fois et à travers des photos il écoutera l'histoire de cet homme et de sa passion amoureuse pour Liliana, la femme de sa vie.
Un meurtre d'une violence inouïe qui restera impuni et marquera à jamais la vie les protagonistes de cette tragédie. Benjamin à la vie sentimentale un peu cahotique, est amoureux en secret d'une collègue. Cet amour est magnifié par les mots de l'auteur, les regards échangés, les instants magiques autour d'un café, tout ce qui est beau quand on ne dit rien. L'auteur suggère, nous laisse découvrir.
Pour oublier, Benjamin s'investit totalement dans cette enquête. Emu et touché par le chagrin du mari et son histoire d'amour avec Liliana, il fera tout pour découvrir la vérité.
Mais l'Argentine est en plein conflit, dénonciations et tortures s'intensifient et Benjamin sera confronté aux accusations à l'exil et à la solitude.
25 ans plus tard, au moment de sa retraite, Chaparro souhaite écrire cette histoire.
Ce livre n'est pas seulement un polar, il donne une critique pertinente du pouvoir judiciaire et de la dictature militaire en Argentine à cette époque. L'auteur appréhende avec beaucoup de subtilité l'obsession qu'elle soit dans la vengeance ou dans la passion amoureuse.
C'est un très beau livre qui laisse un sentiment de profonde tristesse.


Aucun commentaire: