Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




vendredi 13 janvier 2012

Jonathan Franzen : Les Corrections

Pour ce roman l'auteur a été récompensé du National Book Award en 2001. L'éternel "famille je vous hais" dénonce ici une famille américaine du Midwest. Tout est dit, et le lecteur plonge dans un univers familial explosé par la distance, l'inévitable éloignement faisant de ses membres de purs étrangers.
Jonathan Franzen fouille, décortique, analyse chacun des protagonistes dans leurs quêtes du bonheur, de la respectabilité, des convenances, de la réussite. Mais c'est aussi le portrait d'une Amérique impitoyable et décadente, adulant le profit et sombrant dans la crise financière, responsable de grands maux.
La famille Lambert vit dans le Midwest, les parents ont eu une réussite très respectable évoluant dans un monde d'apparence et de bigoterie. Les trois enfants ont tout fait pour ne pas leur ressembler et dans une quête vaine ont manqué le grand tournant de leur vie. Mais quitter sa région et ses parents ne signifie pas réussir sa vie et d'autres rencontres les ont marqués et parfois brisés. Chip, l'aîné, accumule les échecs et court après une improbable gloire. Denise, chef de cuisine reconnu, essaie d'être la fille modèle et de ce fait a du mal à reconnaître son homosexualité et Gary le seul ayant réussi sa vie professionnelle et familiale et qui sombre dans la dépression.
C'est autour de Noël, fête de famille par excellence, que culmine l'histoire et c'est savoureux d'exactitude et d'humour.
L'auteur nous décrit dans les moindres détails l'histoire de cette famille, ses secrets, ses fantasmes tout est montré et nous frémissons devant ce réalisme.
Franzen s'attache, comme le lecteur, aux personnages et malgré leurs défauts, il leur trouve des faiblesses, des peurs, des craintes qu'ils essaieront pendant leur vie de corriger.
Mais c'est l'intolérance de l'Amérique face à ceux qui ne lui ressemblent qui est dénoncée ici.
Un très bon livre sur une époque, un pays et une famille finalement ordinaire.

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