Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




dimanche 29 janvier 2012

Joyce Maynard : Les filles de l'ouragan

C'est l'histoire de Ruth et Dana, nées toutes les deux un 4 Juillet 1950 dans un petit village du New Hampshire. "Soeurs d'anniversaire" conçues par une nuit d'ouragan, elles n'ont pourtant rien en commun.
Ruth est une des cinq filles d'agriculteurs attachés à leur ferme depuis plusieurs générations. Elle développe très tôt un sens artistique et voue un véritable amour pour la terre familiale. Sa mère n'a jamais éprouvé de tendresse pour elle, elle se sent plus proche de son père.
Dana vit dans une famille de pseudo artistes au le style bohème. Ses parents font ce qu'ils peuvent en tout cas ce qu'ils veulent. Alors de déménagement en déménagement, ils se lancent dans des vies toutes prometteuses mais qui n'aboutiront jamais. La mère peint et vit dans son monde. Elle a du mal à s'intéresser et comprendre sa fille.
Malgré ces différences de vie, de style, les parents, surtout la mère de Ruth, continueront de se rendre visite. Les dates anniversaire seront un prétexte pour se rencontrer et échanger des nouvelles des filles qui ne s'apprécient pas vraiment.
Tout au long de leur vie, les personnages tisseront un lien invisible jusqu'au dénouement final, quand la mort délivre de secrets enfouis.
L'histoire est sans doute prévisible mais elle est construite de courts paragraphes que se partage chacune des héroïnes. Intenses, ils donnent au récit une alternance dans la sensibilité des personnages.
L'auteur survole des tas de questionnements, sur la drogue, l'homosexualité, la religion mais elle le fait d'une façon pudique et légère. Elle laisse ses héros face à la cruauté de la vie . Tout au long du chemin, ils s'arrangent de la déception des sentiments, du poids du passé et du silence des secrets. Ils poursuivent leur course folle et vue de haut, l'esquisse est très belle.
De 1950 à nos jours, Joyce Maynard, sans tomber dans l'étude psychologique dresse une belle saga familiale faite de petites et grandes choses où la fuite en avant est une réponse à toutes les angoisses.

1 commentaire:

Jocelyne a dit…

J'aime beaucoup le style de cet auteur : puissant, clair, imagé, olfactif, j'oserais dire cinématographique. J'avais l'impression de voir un film, en mieux.

Maintenant, je vais lire ton analyse (inutile de te dire que j'ai adoré cette histoire menée comme un policier)