Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




lundi 9 septembre 2013

Claudie Gallay : Une part de ciel

Il y a Carole, Philippe et Gaby, frère et soeurs éloignés par la vie, par le choix aussi de Carole de partir, il y a 10 ans, de quitter Val de Seuls, hameau situé près du parc de la Vanoise.
Trois semaines avant Noël, elle revient parmi les siens, attendre leur père. Signalant à chaque fois son retour d'escapade par l'envoi d'une boule enneigée,  ils se retrouvent là comme avant, comme le faisait leur mère à attendre le retour du père prodige. Des boules enneigées, symbole d'une fin d'abandon, l'impression que tout va reprendre sa place. C'est vrai que la collection de boules est impressionnante !
Comme toujours dans une famille, il y a des choses à raconter, à ressasser, à rappeler. Pour  trouver et se retrouver aussi, en levant les non-dits et l'éternel secret familial littéraire, qui fait du lecteur un ami de ces personnages un peu secoués.
Carole vit à Saint-Etienne tandis que Philippe et Gaby sont restés dans la montagne. Chacun son chemin, sa route et pourtant dans l'attente d'un père toujours sur le départ,  les souvenirs effleurent, l'enfance est loin et le temps a passé, pour qui pour quoi ?
Même si Claudie Gallay nous habitue avec ses personnages au parcours douloureusement difficiles, elle nous émeut toujours par les histoires fortes qu'elle écrit.
Que ce soit le combat pour sauvegarder une région d'un modernisme ravageur ou le rêve de Philippe de baliser le passage d'Hannibal sur son éléphant dans la région, ou de la fidélité de Gaby à Ludo petit voyou, en passant par Carole et sa traduction de la vie de Christo artiste et porte parole de l'art éphémère, le lecteur prend part à la vie de ces hommes et femmes.
Roman de l'intime, il est servi par la plume complexe et douloureuse de Claudie Gallay.
Elle a le talent de taire et de ne pas s'attarder sur ce qui fait souffrir et donne l'importance aux gestes les plus communs.
Toute comme la vie, remplie souvent de rien, parce que trop fait souvent mal.



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