Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 11 décembre 2013

Ian Mcewan : un bonheur de rencontre

Un couple, Mary et Colin, se trouve en vacances dans une cité lacustre, jamais nommée, et les journées sont faites de langueur et d'ennui manifestes.
La passion a déserté le couple et le quotidien finit de laminer cette relation, transformant la connaissance de l'autre, de son corps, en habitude silencieuse et morne.
Il ne se passe rien et pourtant le lecteur est gagné par cette langueur, par ce manque, cet étouffement qui va crescendo.
Au gré de leurs journées, chacun se parle, s'explique en pensées et rend les échanges troublants et malsains.
La ville devient leur prison, un endroit où se perdre en y perdant son âme. La Sérénissime devient vite étouffement et fin de leur amour.
Aucune magie n'opère  dans leurs  déambulations touristiques, les rues ressemblent à des gouffres et les ombres des menaces.
C'est au cours d'une soirée à chercher un restaurant qu'ils ne trouveront jamais, qu'ils croisent la route de Robert.
Personnage original au départ, il devient vite inquiétant et même très bizarre. Il raconte ses souvenirs familiaux, et dans des circonstances de plus en plus curieuses, leur présente sa femme, Caroline.
Rien n'est anodin dans les descriptions de la ville, de la maison, des quelques paroles échangées.
L'effroi gagne et la folie s'empare des dernières lignes pour laisser le lecteur au bord de tous les précipices.
Sont abordés ici, les thèmes de l'amour-passion, l'amour-amitié mais aussi les rapports inter-sexes violents et consentis même souhaités. Mais c'est  surtout la folie, ultime et irréversible, qui s'empare de la fin du récit et plonge le lecteur dans un mauvais rêve.
C'est aussi la mauvaise rencontre, celle qui fait que jamais plus la vie ne sera comme avant.
Un livre, sans beaucoup d'actions, de dialogues mais  qui met mal à l'aise et laisse comme un goût de cendres.
Ce qu'il y a d'impressionnant surtout cette ville, superbe dans tout ce que l'on peut voir et lire et qui est représentée ici comme le summum de l'ennui, de la mort et de la folie.



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