Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 20 avril 2016

Fabrice Colin : La poupée de Kafka

     Fabrice Colin nous emporte sur les traces de Kafka en se servant d'une énigme littéraire, celle des lettres que Kafka aurait adressé à une petite fille qui avait perdu sa poupée, dans un parc à Berlin en 1923.
     Malgré le fait confirmé par Dora Diamant sa dernière et dévouée compagne, ces lettres perdues restent un mystère pour les admirateurs de l'homme au chapeau.
     Trois personnages  se retrouvent liés et bousculés par cette histoire et vont livrer ici leurs secrets et faisant ainsi face à la réalité de la vie.
     Mais le livre n'est qu'un long mensonge. Celui de  l'homme et de ses manquements, de ses silences et de ses loupés mais aussi de ce dont il est capable d'inventer pour rendre acceptable son existence.
    Abel est professeur à la Sorbonne et spécialiste de littérature allemande, il voue une admiration démesurée à Kafka. Mari peu fidèle, père peu modèle, il utilise le mensonge pour masquer l'homme de peu d'envergure qu'il représente.
     Sa fille, Julie quant à elle est consciente de l'absence total de son père mais l'aime toujours. Pour combler le fossé qui les sépare, elle part à la recherche de cette petite fille aux lettres.
     Il semble qu'elle l'ait trouvée en la personne d'Else, vieille dame abrupte qui s'amuse à infliger son mauvais caractère à tout le monde. Les protagonistes vonts se retrouver au pied du Mont-Blanc dans un rendez-vous à l'ombre de Kafka, pour dénouer une vérité très compliquée.
     Trois personnages, trois générations, un mystère et une très belle couverture, de quoi convaincre.
Si le style est sensible l'histoire mérite une réflexion plus approfondie sur la difficulté des rapports entre les trois personnages.
     L'histoire d'Else, écrite en italique, demande plus de détails, elle est trop dure pour être trop survolée.
     Peut-être aussi, que le grand absent est Kafka, même si on le sent tout près, j'aurais aimé plus sur son énigme, sans doute une descente dans ses enfers.
     Mais l'écriture est subtile et nous invite à réfléchir à la puissance de l'imaginaire dans nos vies, sur l'espoir qu'il nous donne.
Fabrice Colin - La poupée de Kafka - Editions Actes Sud - 272 Pages - 20 Euros

2 commentaires:

Clara Et les mots a dit…

Malgré de bons avis, je ne suis pas tentée

marie rossi a dit…

Merci pour le message, j'ai été déçue
Je m'attendais à une énigme plus profonde
À bienôt