Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




vendredi 10 février 2017

Yaa Gyasi : No home

     Véritable fresque familiale campée dans l'Histoire, le premier roman de la toute jeune auteure Yaa Gyasi, raconte l'histoire de l'esclavage du 18ème siècle au début des années 2000.
      Le début du livre s'ouvre sur l'arbre généalogique et nous suivons le destin de deux sœurs en Côte d'Or (Ghana), filles de Maame
     Effia de la tribu de Fanti se marie avec un blanc, James Collins qui est gouverneur au Fort de Cape Coast  et Esi, de la tribu des Ashanti est capturée et vendue comme esclave aux colons.
     Nous suivons leurs descendances avec une lignée restée au Ghana et l'autre en Amérique.
     Un roman construit sur un rythme rapide et dont chaque chapitre égrène le prénom d'un personnage attachant qui représente un témoignage vivant de son époque.   
     Une épopée tragique qui sonde les profondeurs de personnages victimes de l'esclavage et qui ne cesseront chacun à leur manière de survivre.
     De la colonisation du Ghana par les anglais à la guerre de Sécession qui aboutira à l'abolition de l'esclavage mais aussi à l'instauration de lois raciales, dans Harlem quartier-ghetto de New-York pour les Noirs, des champs de coton aux mines de charbon, les personnages se succèdent et racontent. 
     Ouvrage bouleversant, par la très grand maîtrise de l'auteure originaire du Ghana, et qui ne tombe pas dans le parti pris. Il y a eu des événements d'une barbarie extrême lors de la colonisation et de la traite des noirs mais aussi les tribus africaines rongées par leurs guerres ancestrales ont contribué à l'installation de ce commerce infâme.
      En donnant la parole à Effia, H les deux pelles, Akua la Femme folle ou Willie qui chante dans les églises et tous les autres oubliés et meurtris de l'Histoire, l'auteure nous retrace l'évolution de la condition noire au fil du temps. Pour  ceux  restés au pays, ils subissent un exil de sang, celui que vivent les métisses, ni blanc ni noir.
       J'ai été très émue par les pages concernant Harlem et le jazz, tristes à mourir où les personnages se noient dans la drogue pour oublier le malheur d'une existence décidement bien sombre. 
      Un hymne à l'Afrique, à l'espoir, aux hommes et aux femmes qui ont su relever la tête.
      A lire absolument.
Yaa Gyasi - No Home - Editions Calmann-Lévy - Traduit de l'Américain par Anne Damour - 450 Pages - 21.90€   
     

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