Non, je n’oublierai jamais la baie de Rio

La couleur du ciel le long du Corcovado

La Rua Madureira, la rue que tu habitais

Je n’oublierai pas pourtant je n’y suis jamais allé



mardi 12 décembre 2017

Véronique Olmi : Bakhita

 
      En 1876, une petite africaine née au Darfour est enlevée à sa famille par des tortionnaires négriers.
      Revendue dans un marché aux esclaves au Soudan, elle traversera le pays dans une marche de la mort et subira des sévices psychologiques et physiques de la part de ses différents maîtres pour finir religieuse à Venise après avoir été racheté par un consul italien .
     Cette petite fille a 7 ans, elle oubliera son identité dans la violence et la terreur subies par son enlèvement, on 
l’appellera Bakhita et Jean-Paul II en fera une sainte en 2000.
     Véronique Olmi dresse un portrait hors norme d'une petite esclave accompagnée de ses semblables livrés pire que des animaux à un monde cruel et inhumain.
      La première partie du roman est sa perte d'identité et de repères. Elle n'aura de cesse et d'espoir tout au long de sa vie de retrouver sa famille et sa sœur jumelle. 
     Une petite fille perdue dans un monde où les hommes vendent, battent et mutilent d'autres hommes. 
     Elle n'aura plus de vie, de joie et d'espérance. Pourtant elle s'attachera à ses maîtres, dévouée pour les autres  elle recherchera toujours l'amour perdu.
      La deuxième partie nous montre la femme qu'elle est devenue. La souffrance et les cauchemars qui la hantent toujours  les sévices subis et tus l’accompagnent encore.
      En grandissant d'autres rencontres se font, et naturellement elle s'attache aux enfants qui lui sont confiés et dans son amour de la vie elle illumine par sa présence.
     Bakhita ne sait pas lire, très peu écrire, elle parle dans une langue qui est un curieux mélange de tout ce qu'elle a entendu dans sa triste existence. Un jour on lui apprend Dieu et elle y croit.
     C'est un livre choc. La première partie  parfaitement maîtrisée, décrit des scènes assez insoutenables mais les lire montre combien pire devait être la réalité. L'auteur nous dépeint le quotidien des esclaves, les marches forcées, la séparation des familles, les sévices avec un souffle de poésie qui fait frissonner.
      La deuxième partie, nous met un peu dans l'embarras. Si nous soufflons avec Bakhita dans sa rencontre avec ses maîtres italiens qui la respectent et ne la battent pas, nous constatons qu'ils restent quand même des maîtres et elle une esclave.
      Ce livre a une bien triste réalité. L'esclavage existe encore et toujours et l'homme possède toujours au fond de lui les pires idées du mal prêtes à fondre sur les populations les plus vulnérables.
       C'est une lecture très poignante et qui nous touche longtemps.
Véronique Olmi - Bakhita - Editions Albin Michel - Parution 23 Août 2017 - 455 Pages -  22.90 €

      
      
                  

Aucun commentaire: