C'est un huis-clos superbement raconté que nous offre Nicolas Delesalle dans son dernier roman. L'histoire se passe dans le désert argentin avec quatre hommes et le temps, minuté et précis, d'une journée.
Une journée où tout change, la vie comme les hommes quand la mort vient à passer et que l'avenir ne vous appartient plus.
Très tôt le matin, Vadim, Alexandre, Simon et Wolfgang doivent prendre la route pour rejoindre Mendoza et prendre un avion pour la capitale, Buenos Aires.
C'est Alexandre qui conduit, un peu trop vite d'ailleurs. Beaucoup de route avec de la piste aussi, et le paysage argentin qui défile, entre terre et désert.
Nous faisons la connaissance de ces hommes et de leur parcours, de leur travail et de leur rencontre et de la façon dont ils ont passé leurs dernières journées.
Et puis dans la voiture tout va trop vite, ils croisent une femme avec son vélo sur le bord de la route, et puis tout se renverse. La voiture se retourne, vite, trop vite, plusieurs fois. Des coups, des chocs et alors l'histoire commence.
Que s'est-il passé ? Est on blessé ? Qui va mal ?
Et la journée commence avec les heures qui sont comptées et ouvrent les chapitres avec les minutes qui s'égrènent.
Simon sort du véhicule et va marcher et chercher de l'aide. Longtemps, très longtemps. Il rencontre la femme au vélo, Mathilde.
Et puis 22h10, la journée se termine avec des vies chamboulées, des chemins que l'on ne prendra pas, des choix qui n'ont plus cours. La vie continue mais le lecteur n'en saura rien, juste il pourra l'imaginer.
Un très beau roman sur le chaos de la vie et les interrogations qu'elle suscite. Un roman empreint d'une grande vérité dans le texte sur ce qui change à tout jamais quand la mort vient si près. Le pathétique d'une ambition, les problèmes d'amour et le reste.
L'auteur réussi à nous faire pénétrer dans cette voiture et à vivre l'accident et le chamboulement de l'intime.
Avec ses mots et son humour et sa poésie, parce que le drame est là et nous touche mais on ne sombre pas.
Chacun son histoire, chaque vie si précieuse et si fragile.
Cette lecture est un vrai dépaysement, elle nous emporte dans les paysages envoûtants d'Argentine et à la rencontre de ces vies terriblement humaines.
A lire, bien sûr.
Nicolas Delesalle - Mille soleils - Editions Préludes - 256 Pages - Parution Janvier 2018 - 15.60 €
je veux encore rouler des hanches,je veux me saouler de printempsje veux m'en payer des nuits blanchesà cœur qui bat, à cœur battantavant que sonne l'heure blêmeet jusqu'à mon souffle dernierje veux encore dire "je t'aime"et vouloir mourir d'aimerBarbara
jeudi 7 juin 2018
vendredi 1 juin 2018
Jean-Christophe Rufin : Le suspendu de Conakry
Jean-Christophe Rufin nous transporte en Afrique, dans une escapade-enquête à Conakry où l'assassinat sanglant d'un ressortissant français a été perpétré.
Ce dernier a été retrouvé mort suspendu au mât de son voilier dans la marina du port.
Roman léger et savoureux, le lecteur pénètre dans la vie des expatriés du bout du monde, des consulats et ambassades, de cette communauté française qui organise sa petite histoire et ressasse la grande dans une ambiance de fin de siècle.
Pour mener cette enquête, un fonctionnaire apparaît. Il a un physique ridicule et des tenues très improbables pour ces contrées si chaudes, tout de suite une sympathie pour lui s'installe.
Aurel Timescu, natif de Roumanie, consul de France à Conakry, sort de son placard en l'absence de son supérieur et va mener l'enquête. Il rêvait faire une carrière de policier, aussi quand un meurtre se présente il va montrer toute sa perspicacité.
L'enquête en elle-même ne mène pas vraiment ce roman mais les caractéristiques des personnages représentatifs d'un certain monde sont savoureux et marqués par l'expérience de l'auteur.
Nous avons plaisir à retrouver Rufin, académicien, dans un nouveau genre littéraire celui du roman policier.
La situation de la Guinée post-coloniale est bien réelle, et se partage entre insécurité et trafic de drogue.Le constat de la colonisation perdure dans l'attitude des français vis à vis des locaux.
L'auteur crée ici un personnage absolument parfait que nous aurons plaisir à retrouver, je pense, dans d'autres aventures puisqu'il est prévu une trilogie.
Jean-Christophe Rufin - Le suspendu de Conakry - Editions Flammarion - Parution le 28 mars 2018 310 Pages - 19.50 €
Ce dernier a été retrouvé mort suspendu au mât de son voilier dans la marina du port.
Roman léger et savoureux, le lecteur pénètre dans la vie des expatriés du bout du monde, des consulats et ambassades, de cette communauté française qui organise sa petite histoire et ressasse la grande dans une ambiance de fin de siècle.
Pour mener cette enquête, un fonctionnaire apparaît. Il a un physique ridicule et des tenues très improbables pour ces contrées si chaudes, tout de suite une sympathie pour lui s'installe.
Aurel Timescu, natif de Roumanie, consul de France à Conakry, sort de son placard en l'absence de son supérieur et va mener l'enquête. Il rêvait faire une carrière de policier, aussi quand un meurtre se présente il va montrer toute sa perspicacité.
L'enquête en elle-même ne mène pas vraiment ce roman mais les caractéristiques des personnages représentatifs d'un certain monde sont savoureux et marqués par l'expérience de l'auteur.
Nous avons plaisir à retrouver Rufin, académicien, dans un nouveau genre littéraire celui du roman policier.
La situation de la Guinée post-coloniale est bien réelle, et se partage entre insécurité et trafic de drogue.Le constat de la colonisation perdure dans l'attitude des français vis à vis des locaux.
L'auteur crée ici un personnage absolument parfait que nous aurons plaisir à retrouver, je pense, dans d'autres aventures puisqu'il est prévu une trilogie.
Jean-Christophe Rufin - Le suspendu de Conakry - Editions Flammarion - Parution le 28 mars 2018 310 Pages - 19.50 €
vendredi 4 mai 2018
Celeste Ng : La saison des feux
L'histoire se passe à Shaker Heights, la banlieue très huppée de Cleveland et débute par l'incendie de la maison des Richardson. Une famille emblématique du quartier puisque les grand-parents en ont été les résidents fondateurs.
Les familles appartiennent à une sorte de communauté, répondant à beaucoup de codes et de règles. Elles sont les purs produits de cette Amérique si puritaine.
Et madame Richardson est très fière de sa famille nombreuse et aime s'attribuer des sentiments généreux et bien pensants.
Mais les apparences, on le sait, sont souvent trompeuses.
Quand Mia, artiste et bohème, et sa fille de 15 ans Pearl posent leurs valises dans le quartier, elles éveillent bientôt curiosité et nouveauté.
Par leur façon de vivre et de penser, et en devenant proches des Richardson, chacune des vies des protagonistes va être bouleversée à jamais.
Céleste Ng nous fait pénétrer avec beaucoup d'aisance au cœur de ces familles où tout est dans la norme avec une vie qui se doit d'être planifiée.
L'intrigue est menée habilement, l'auteur signe là une comédie de mœurs avec beaucoup de femmes très différentes et sincères dans leur combat.
Secrets, calomnies et mensonges dans un roman qui n'est pas vraiment un thriller mais dont la lecture est agréable.
C'est aussi un état des lieux d'une certaine Amérique ainsi qu'une critique sociale d'un pays ballotté par son histoire mais comme pour l'écriture de son roman, l'auteur reste dans les normes.
Celeste Ng - La Saison des feux - Editions Sonatine - Traduit de l'Américain par Pointreau - 384 Pages - 21 €
Les familles appartiennent à une sorte de communauté, répondant à beaucoup de codes et de règles. Elles sont les purs produits de cette Amérique si puritaine.
Et madame Richardson est très fière de sa famille nombreuse et aime s'attribuer des sentiments généreux et bien pensants.
Mais les apparences, on le sait, sont souvent trompeuses.
Quand Mia, artiste et bohème, et sa fille de 15 ans Pearl posent leurs valises dans le quartier, elles éveillent bientôt curiosité et nouveauté.
Par leur façon de vivre et de penser, et en devenant proches des Richardson, chacune des vies des protagonistes va être bouleversée à jamais.
Céleste Ng nous fait pénétrer avec beaucoup d'aisance au cœur de ces familles où tout est dans la norme avec une vie qui se doit d'être planifiée.
L'intrigue est menée habilement, l'auteur signe là une comédie de mœurs avec beaucoup de femmes très différentes et sincères dans leur combat.
Secrets, calomnies et mensonges dans un roman qui n'est pas vraiment un thriller mais dont la lecture est agréable.
C'est aussi un état des lieux d'une certaine Amérique ainsi qu'une critique sociale d'un pays ballotté par son histoire mais comme pour l'écriture de son roman, l'auteur reste dans les normes.
Celeste Ng - La Saison des feux - Editions Sonatine - Traduit de l'Américain par Pointreau - 384 Pages - 21 €
dimanche 8 avril 2018
Philippe Djian : A l'aube
Dans son dernier roman "A l'aube", Philippe Djian réussit à captiver le lecteur dans un exercice de style très particulier, celui de l'absence de ponctuation.
Juste un point et à la ligne et nous sommes projetés en plein cœur de l'action, bousculés et quelque peu désorientés, mais l'histoire se construit et l'univers familier et crépusculaire de Djian est là.
Sur la côte est des Etats-Unis près de Nantukeckt.
A la mort par accident de la route de ses parents et après 15 ans d'absence, Joan revient vivre avec son jeune frère, Marlon autiste.
Ses parents, Gordon et Suzan étaient des intellectuels et activistes très convaincus. Chacun collectionnait amants et maîtresses et avait une façon bien particulière de s'enrichir. Ils étaient plutôt des parents absents.
Joan a quitté la maison à 18 ans et travaille depuis comme escort-girl dans la boîte d'une amie de ses parents, Dora.
Elle renoue avec Howard ancien amant de sa mère qui veut récupérer certaines choses dans la maison familiale.
John, le shériff et ami de la famille, surveille tout ce petit monde et use parfois de son autorité professionnelle pour arranger certaines affaires. Mais rien n'est simple pour lui dans sa vie avec sa femme et son nouveau bébé.
Et rien n'est simple pour aucun des personnages de ce roman construit comme un thriller particulier puisque le dénouement arrive en milieu de livre avec une suite six mois après et une fin inattendue mais combien surprenante.
Comme à son habitude l'auteur nous décrit une galerie de personnages tous plus déglingués les uns que les autres. Ils vivent des double vies et possèdent des passés troublés, ils se retrouvent souvent hors la loi à la limite de tout, et n'arrivent pas à s'en sortir.
Bizarres et glauques ils nous choquent et nous sommes prêts à les condamner pourtant on n'y arrive pas parce que malgré leur vie embrouillée, leur existence borderline, ils restent profondément humains. Attachants dans la recherche de l'amour et d'une certaine vérité.
Djian arrive toujours à mêler l'improbable et l'étrangeté à l'humanité d'un quotidien banal.
C'est bien construit, rapide, l'auteur est toujours dans la recherche d'une vision cinématographique et littéraire. Réussi.
Oui c'est un brin vulgaire et cru, drôle aussi et le mal être humain, à son apogée, nous interroge.
Philippe Djian - A l'aube - Editions Gallimard - Parution le 5 Avril 2018 - 189 Pages - 19 €
Juste un point et à la ligne et nous sommes projetés en plein cœur de l'action, bousculés et quelque peu désorientés, mais l'histoire se construit et l'univers familier et crépusculaire de Djian est là.
Sur la côte est des Etats-Unis près de Nantukeckt.
A la mort par accident de la route de ses parents et après 15 ans d'absence, Joan revient vivre avec son jeune frère, Marlon autiste.
Ses parents, Gordon et Suzan étaient des intellectuels et activistes très convaincus. Chacun collectionnait amants et maîtresses et avait une façon bien particulière de s'enrichir. Ils étaient plutôt des parents absents.
Joan a quitté la maison à 18 ans et travaille depuis comme escort-girl dans la boîte d'une amie de ses parents, Dora.
Elle renoue avec Howard ancien amant de sa mère qui veut récupérer certaines choses dans la maison familiale.
John, le shériff et ami de la famille, surveille tout ce petit monde et use parfois de son autorité professionnelle pour arranger certaines affaires. Mais rien n'est simple pour lui dans sa vie avec sa femme et son nouveau bébé.
Et rien n'est simple pour aucun des personnages de ce roman construit comme un thriller particulier puisque le dénouement arrive en milieu de livre avec une suite six mois après et une fin inattendue mais combien surprenante.
Comme à son habitude l'auteur nous décrit une galerie de personnages tous plus déglingués les uns que les autres. Ils vivent des double vies et possèdent des passés troublés, ils se retrouvent souvent hors la loi à la limite de tout, et n'arrivent pas à s'en sortir.
Bizarres et glauques ils nous choquent et nous sommes prêts à les condamner pourtant on n'y arrive pas parce que malgré leur vie embrouillée, leur existence borderline, ils restent profondément humains. Attachants dans la recherche de l'amour et d'une certaine vérité.
Djian arrive toujours à mêler l'improbable et l'étrangeté à l'humanité d'un quotidien banal.
C'est bien construit, rapide, l'auteur est toujours dans la recherche d'une vision cinématographique et littéraire. Réussi.
Oui c'est un brin vulgaire et cru, drôle aussi et le mal être humain, à son apogée, nous interroge.
Philippe Djian - A l'aube - Editions Gallimard - Parution le 5 Avril 2018 - 189 Pages - 19 €
samedi 31 mars 2018
Gaëlle Josse : Une longue impatience
C'est l'histoire d'un amour incommensurable, infini, celui d'une mère pour son fils.
L'amour de toutes les mères, sentinelles de toutes les nuits pour attendre le retour de leur enfant.
L'histoire se passe en Bretagne dans les années 50, Anne est veuve d'un marin. elle s'est retrouvée seule et sans moyen pour élever son fils, Louis.
Elle se remarie avec Etienne, pharmacien, avec lequel elle aura deux autres enfants. Une vie nouvelle et ses promesses se dessinent enfin.
Un jour à la suite d'une dispute très violente, le beau-père a un geste malheureux envers Louis.
Ce dernier quitte la maison.
Que dire de cette histoire ? Rien de plus. Tout est à découvrir, les silences et les mots, le style de Gaëlle Josse, beau jusqu'à l'épure.
Un court roman qui met en lumière une femme déchirée par l'attente, qui chaque jour note la fête et le repas promis au fils à son retour.
Le portrait de cette mater dolorosa nous bouleverse tant elle reste digne et aimante dans son chagrin.
Ses mots nous font vivre le manque, l'absence et l'attente qui n'en finit plus.
Le paysage aussi est un personnage important, nous sommes avec Anne sur le petit chemin qui mène à sa maison sur la falaise, le vent, la nature, tout ici émeut.
Retrouver Gaëlle Josse à chaque lecture, c'est entrer en émotion, c'est capturer un regard et être touché par la grâce.
A lire absolument.
Gaëlle Josse - Une longue impatience - Editions Notabilia - Parution le 4 Janvier 2018 - 192 Pages - 14 €
dimanche 25 mars 2018
Sigriour Hagalin Bjornsdottir : L'île
Un beau matin, l'Islande se réveille isolée du reste du monde. Il n'y a plus de moyens de communications vers l'extérieur du pays et les avions ou bateaux qui sont partis ne donnent plus signe de vie.
Sans connaître les explication de la cause de cet événement, et ce n'est pas l'intrigue de ce livre, le pays devra réviser son organisation et mettre en place des actions pour la survie même de sa population.
Evidemment les Islandais vivent dans l'angoisse cet épisode traumatisant. Seuls au monde...
L'absence du président de la république et du premier ministre en visite à l'étranger et sans nouvelles d'eux, le gouvernement installent des mesures basées sur l'utilisation des ressources du pays, visant le retour à la terre et et la valorisation de l'agriculture.
Les personnages subissent cette situation catastrophique en voyant leur vie bouleversée à jamais. Mais en même temps, les combines et la corruption émergent et les islandais survivent dans un chaos agressif en développant un instinct de survie exacerbé.
Que reste-t-il ainsi de nous et de nos valeurs, quand tout ce qui faisait notre vie, le bien-être, l'argent qui pouvait tout acheter n'existe plus ?
Les personnages nous émeuvent et nous intriguent.
Elin est la nouvelle ministre, jeune femme ambitieuse, elle se voit à la tête des plus hautes fonctions et responsabilités. Elle profite du système qui se délite en sachant que ça ne durera pas.
Hjalti, journaliste vedette d'un quotidien, est en charge auprès du nouveau gouvernement de communiquer des messages de confiance à la population afin d'éviter des débordements.
Maria ancienne compagne d'Hjalti, musicienne et d'origine espagnole devient une paria, considérée comme une étrangère et une inutile.
Ecrit dans un style délié et construit par chapitre donnant la parole à chacun des principaux personnages, ce livre captive par une certaine possibilité.
Beaucoup de thèmes nous font frémir et nous interpellent dans ce livre :la mise au ban des indésirables et des étrangers, le pouvoir qui reste toujours le but des politiciens, une violence qui s'installe insidieusement et une société qui a encore des rêves de consommation .
Ce livre est très intéressant tant pour l'histoire de l'Islande que l'auteur nous fait découvrir que pour l'étude sociologique de tout un peuple dans une oeuvre fictionnelle assez réussie.
La fin du livre est très émouvante, premier roman très fort à lire absolument !
Sigridur Hagalin Bjornsdottir - L'île - Editions Gaïa - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Parution le 7 Février 2018 - 272 Pages - 21 €
Sans connaître les explication de la cause de cet événement, et ce n'est pas l'intrigue de ce livre, le pays devra réviser son organisation et mettre en place des actions pour la survie même de sa population.
Evidemment les Islandais vivent dans l'angoisse cet épisode traumatisant. Seuls au monde...
L'absence du président de la république et du premier ministre en visite à l'étranger et sans nouvelles d'eux, le gouvernement installent des mesures basées sur l'utilisation des ressources du pays, visant le retour à la terre et et la valorisation de l'agriculture.
Les personnages subissent cette situation catastrophique en voyant leur vie bouleversée à jamais. Mais en même temps, les combines et la corruption émergent et les islandais survivent dans un chaos agressif en développant un instinct de survie exacerbé.
Que reste-t-il ainsi de nous et de nos valeurs, quand tout ce qui faisait notre vie, le bien-être, l'argent qui pouvait tout acheter n'existe plus ?
Les personnages nous émeuvent et nous intriguent.
Elin est la nouvelle ministre, jeune femme ambitieuse, elle se voit à la tête des plus hautes fonctions et responsabilités. Elle profite du système qui se délite en sachant que ça ne durera pas.
Hjalti, journaliste vedette d'un quotidien, est en charge auprès du nouveau gouvernement de communiquer des messages de confiance à la population afin d'éviter des débordements.
Maria ancienne compagne d'Hjalti, musicienne et d'origine espagnole devient une paria, considérée comme une étrangère et une inutile.
Ecrit dans un style délié et construit par chapitre donnant la parole à chacun des principaux personnages, ce livre captive par une certaine possibilité.
Beaucoup de thèmes nous font frémir et nous interpellent dans ce livre :la mise au ban des indésirables et des étrangers, le pouvoir qui reste toujours le but des politiciens, une violence qui s'installe insidieusement et une société qui a encore des rêves de consommation .
Ce livre est très intéressant tant pour l'histoire de l'Islande que l'auteur nous fait découvrir que pour l'étude sociologique de tout un peuple dans une oeuvre fictionnelle assez réussie.
La fin du livre est très émouvante, premier roman très fort à lire absolument !
Sigridur Hagalin Bjornsdottir - L'île - Editions Gaïa - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Parution le 7 Février 2018 - 272 Pages - 21 €
vendredi 23 mars 2018
Raphaël Jérusalmy : La rose de Saragosse
En 1485, au cœur de la cathédrale de Saragosse, l'inquisiteur de la ville est sauvagement assassiné.
Le grand inquisiteur espagnol, Torquemada, sous les ordres du roi est chargé de découvrir les coupables. Dans la très catholique Espagne, il n'est pas question que le pouvoir religieux soit remis en cause.
Pour mener son enquête il fait appel à des "familiers", mercenaires s'offrant au plus généreux chargés par tous les moyens de trouver les meurtriers.
L'un d'eux est Angel de la Cruz, ancien noble déchu, à l'allure aussi monstrueuse et féroce que son chien qui le suit comme son ombre.
C'est alors que dans la ville où les persécutions s'installent, apparaissent des gravures caricaturant et ridiculisant Torquemada. Bafoué et humilié, l'homme demande de trouver immédiatement l'auteur de ces publications anonymes. Pas de signature, juste une rose d'une très grande finesse.
Angel de la Cruz procède à des recherches dans la ville, et à cette occasion il pénètre dans la maison familiale des Ménassé de Montesa, juifs convertis où il fait la connaissance de Léa.
Tout oppose la jeune fille de famille, très cultivée et élevée dans l'amour de l'art et des livres et l'homme rustre et violent.
Pourtant ils partagent une même passion, celle du dessin et de la gravure particulièrement.
Mais qui est l'auteur de ces caricatures ?
Raphaël Jerusalmy nous entraîne au temps de l'inquisition, époque troublée et sombre d'une Espagne qui se veut très catholique et qui entreprend une chasse sanglante des juifs convertis ou non.
Le monde juif est très présent dans ce roman, et l'auteur délivre ici un hymne à la liberté et à l'amour à travers l'art et la création artistique.
L'écriture est fluide et la construction montre une épure qui rend le roman très intéressant.
Dans un contexte historique très mouvementé, l'auteur place une histoire fiction totalement attachante. Les personnages sont vrais et portent en eux la flamme de leur conviction.
A lire, pour le message qu'il délivre : préservons les artistes et leur art si fragile quand la société et les hommes deviennent fous.
Raphaël Jérusalmy - La rose de Saragosse - Editions Actes Sud - Parution Janvier 2018 - 192 Pages - € 16.50
Le grand inquisiteur espagnol, Torquemada, sous les ordres du roi est chargé de découvrir les coupables. Dans la très catholique Espagne, il n'est pas question que le pouvoir religieux soit remis en cause.
Pour mener son enquête il fait appel à des "familiers", mercenaires s'offrant au plus généreux chargés par tous les moyens de trouver les meurtriers.
L'un d'eux est Angel de la Cruz, ancien noble déchu, à l'allure aussi monstrueuse et féroce que son chien qui le suit comme son ombre.
C'est alors que dans la ville où les persécutions s'installent, apparaissent des gravures caricaturant et ridiculisant Torquemada. Bafoué et humilié, l'homme demande de trouver immédiatement l'auteur de ces publications anonymes. Pas de signature, juste une rose d'une très grande finesse.
Angel de la Cruz procède à des recherches dans la ville, et à cette occasion il pénètre dans la maison familiale des Ménassé de Montesa, juifs convertis où il fait la connaissance de Léa.
Tout oppose la jeune fille de famille, très cultivée et élevée dans l'amour de l'art et des livres et l'homme rustre et violent.
Pourtant ils partagent une même passion, celle du dessin et de la gravure particulièrement.
Mais qui est l'auteur de ces caricatures ?
Raphaël Jerusalmy nous entraîne au temps de l'inquisition, époque troublée et sombre d'une Espagne qui se veut très catholique et qui entreprend une chasse sanglante des juifs convertis ou non.
Le monde juif est très présent dans ce roman, et l'auteur délivre ici un hymne à la liberté et à l'amour à travers l'art et la création artistique.
L'écriture est fluide et la construction montre une épure qui rend le roman très intéressant.
Dans un contexte historique très mouvementé, l'auteur place une histoire fiction totalement attachante. Les personnages sont vrais et portent en eux la flamme de leur conviction.
A lire, pour le message qu'il délivre : préservons les artistes et leur art si fragile quand la société et les hommes deviennent fous.
Raphaël Jérusalmy - La rose de Saragosse - Editions Actes Sud - Parution Janvier 2018 - 192 Pages - € 16.50
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