Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




jeudi 22 juillet 2010

John Updike : Villages

Le dernier roman de Updike, décédé en Janvier 2009, est paru en France quelques mois après sa mort. L'univers et la thématique chers à l'auteur sont présents dans ce livre, à savoir le sexe et ses plaisirs dans une Amérique en constante évolution.
Le héros, Owen, au soir de sa vie nous fait revivre à travers ses rêveries près d'un siècle de l'histoire américaine. Avec lui nous suivons ce que vivre veut dire dans ces villages du début du siècle d'une Amérique provinciale, celle des classes moyennes.
Marié à Julia, sa deuxième épouse, Owen, retraité et génie de l'informatique, se rappelle surtout des femmes toutes les femmes, mère, épouse, voisines, maîtresses qui ont vécu dans ces lieux et l'ont aidé à grandir, vivre, s'affranchir.
Il a aimé les femmes et a recherché dans ses aventures sexuelles une façon de continuer sa vie d'époux insatisfait auprès de Phyllis sa première femme.
Arrivé au bilan de sa vie, Owen n'arrive pas à clôturer tous les comptes.
Dans une écriture forte, crue et torride Updike nous dresse le portrait d'une Amérique ordinaire, bourgeoise bien pensante pendant la deuxième partie du XXè siècle et qui se cherche des modèles dans une vie d'une banalité quotidienne cruelle.
Avec une nostalgie pleine d'humour, l'auteur nous dépeint des soirées et dîners entre amis et voisins. Il n'est question que d'adultère, il n'y a que ça et l'argent qui les fait vibrer, derrière les conventions. C'est absolument impudique et délectable.
Les portraits des femmes rencontrées, aimées, séduites et délaissées sont tout simplement ambigus mais humains, surtout humains.
Dans une description efficace d'une société américaine qui balance entre regrets, puritanisme, révolution et liberté sexuelle, l'auteur nous entraîne dans une chronique où la fiction amoureuse et sentimentale se mêle à la réalité de l'évolution économique et sociale.
Un très beau livre, cruel et émouvant.

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