Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 15 janvier 2014

Gaëlle Josse : Noces de neige

Gaëlle Josse nous charme profondément  avec Noces de neige, intense et bref roman dont les deux héroïnes, à des époques différentes, partagent la même épopée ferroviaire.
Un récit à deux voix, alternant les époques, se déroule au rythme lancinant et monotone du train, aux pensées exacerbées par un confinement excessif et l'impatience des dernières heures passées dans la bulle isolante du wagon.
En mars 1881, Anna, fille d'aristocrates russes attend avec toute sa famille sur le quai de la gare de Nice, le train qui les emmènera en Russie, après avoir passé l'hiver sur la Riviera.
Impatiente de retourner en Russie, Anna se retrouve confinée dans le compartiment pour de longues journées : promiscuité, intimité dévoilée, ennui absolu.
Ces quelques jours verront sa vie bouleversée à jamais...
En mars 2012, Irina, fuit une vie de misère et de violence et prend le train à Moscou pour retrouver un jeune homme Enzo rencontré sur un site spécial sur internet et avec qui elle correspond depuis plusieurs mois.
Avec en tête les messages d'amour et de promesse échangés, elle a hâte d'arriver à Nice où vit le jeune homme.
Pour elle aussi, rien ne se passera comme prévu.
Une écriture maîtrisée dans le style et dans la forme. Deux voix, deux textes, deux époques alternent et décrivent leur problématiques.
Deux familles évoquées à deux siècles d'intervalle, qui ne se croisent pas mais qui sont liés par la destinée.
Gaëlle Josse a une sensibilité pour nous faire découvrir les fêlures de ses personnages, pénétrer les mensonges et secrets familiaux au détour d'une conversation,. 
Elle arrive à nous troubler par la violence de la modernité que sont les  messages d'amour envoyés à un destinataire jamais vu, cette fuite d'une jeune femme perdue amoureuse de l'amour et prête à tout pour y croire.
La découverte d'Enzo, et là je ne peux en dire plus, montre combien Gaëlle Josse maîtrise l'écriture poétique en donnant au texte toute la beauté troublante du réalisme.
Dans les jeux de voix, la palette des sentiments est diffusée de manière sensible et grave et l'alternance des époques nous trouble comme ce voyage qui devient un peu hors du temps.


1 commentaire:

Jocelyne a dit…

Voilà un tout petit roman par la taille mais grand par l'écriture, le suspense dans un endroit clos où on a l'impression (au début) qu'il ne se passe rien...., l'étude toute en subtilité des ravages de la laideur physique avec laquelle on vit journellement.
Et quels dénouements!
MAGNIFIQUE.