Tahar Ben Jelloun évoque à travers une saga familiale dans les années 50, le Maroc qui vit la fin du protectorat français et qui est confronté au changement du monde.
Même si certains thèmes comme la religion, le racisme, la différence ainsi que l'amour et la jalousie sont plus que jamais de grande actualité.
Amir est un négociant prospère, il habite Fès avec sa femme et ses enfants. Un mariage qui reste très traditionnel placé sous le signe de la réussite familiale et professionnelle.
Lors de ses longs séjours pour le travail au Sénégal, Amir a l'habitude de contracter "un mariage de plaisir" à durée limitée, autorisé par l'islam pour éviter aux hommes de fréquenter les prostituées.
C'est ainsi qu'Amir se marie régulièrement à Nabou, une splendide peule de Dakar. Cette superbe noire non musulmane et très libre, éveille en lui un amour véritable et réciproque.
Amir a choisi de ramener la jeune femme à Fès et d'en faire sa seconde épouse.
Il va se confronter à la colère et à la jalousie de sa première femme et à l'impitoyable opinion publique qui n'accepte pas qu'une noire soit placée sur le même rang que sa famille.
Bien que le Maroc ait aboli l'esclavage au début du 20ème siècle, pour le tout le monde, le Noir reste l'image de l'esclave.
La vie devient vite insupportable pour tous et surtout pour Nabou qui se voit traiter plus bas que les domestiques.
Mais Nabou donne naissance à des jumeaux, un blanc et un noir. La vie continue et la deuxième partie de ce très beau livre s'empare de la vie de ces deux garçons. L'un s'en sortira et réussira sa carrière professionnelle, l'autre prendra vite conscience que la couleur de la peau marquera à jamais sa destinée.
Tahar Ben Jelloun nous donne une écriture lumineuse et poétique pour raconter Fès, le Maroc.
Son style et le ton de la première partie nous font voir un conte où couleur et douceur côtoient la jalousie et l'amour fou.
Mais très vite l'écriture témoigne du racisme accepté et toléré dans une société marocaine qui va vers l'indépendance.
Les années passent mais la douleur persiste devant l'identité par la couleur de peau, le constat de la différence et ce besoin de rechercher ses origines pour survivre et transmettre.
Un roman d'une grand lucidité habité par la poésie de l'auteur.
Tahar Ben Jelloun - Le mariage de plaisir - Editions Gallimard - 272 Pages - 19.50 €
je veux encore rouler des hanches,je veux me saouler de printempsje veux m'en payer des nuits blanchesà cœur qui bat, à cœur battantavant que sonne l'heure blêmeet jusqu'à mon souffle dernierje veux encore dire "je t'aime"et vouloir mourir d'aimerBarbara
vendredi 6 mai 2016
dimanche 1 mai 2016
Pierre Lemaître : Trois jours et une vie
Pour Antoine 12 ans, la vie prend un tournant vertigineux et angoissant lors d'une après-midi de Décembre en 1999, dans le bois de St Eustache.
A Beauvais, petite ville tranquille entourée de forêts, il vit une existence tranquille et un peu solitaire avec sa mère divorcée. Ses petits copains lui préfèrent à ses constructions de cabanes dans les bois, la toute nouvelle playstation de Kevin.
Mal compris, un peu isolé dans une province où tout le monde se connaît, c'est le chien des voisins qui l'accompagne désormais dans ses escapades sylvestres.
Il découvre l'injustice et la violence quand le voisin abat la bête et la jette dans une poubelle.
Malheureux, il se réfugie dans la forêt et par accident blesse mortellement le fils de voisin, Rémi, 6ans, qui lui vouait une admiration éperdue.
Après le constat de sa mort, commence pour Antoine une vie habitée par le silence, le mensonge et la peur d'être pris et l'envie de se rendre.
Comment aborder une vie qui commence quand on a commis l'irréparable.
Comment vit on avec un tel secret ?
C'est en abordant ces questions de la culpabilité, de la justice et des conséquences de nos actions que l'auteur nous plonge dans le drame d'Antoine et de tout un village.
Sur des périodes clés dans sa vie, nous suivons Antoine dans une reconstruction sur le fil.
L'auteur dépeint avec beaucoup de finesse une situation tendue, un drame d'une humanité tragique par son côté involontaire.
Les personnages sont étudiés au plus juste autant dans leur complexité que leur cynisme.
C'est un très bon roman noir au style vif et tranchant.
L'auteur nous distille jusqu'au bout un suspense aux détails qui reviennent éclairer subtilement le récit.
A lire, pour découvrir une autre facette de Pierre Lemaître qui nous avait étonné avec "Au revoir là-haut" (Prix Goncourt 2013)
Pierre Lemaître - Editions Albin Michel - 288 Pages - 19.80 Euros
A Beauvais, petite ville tranquille entourée de forêts, il vit une existence tranquille et un peu solitaire avec sa mère divorcée. Ses petits copains lui préfèrent à ses constructions de cabanes dans les bois, la toute nouvelle playstation de Kevin.
Mal compris, un peu isolé dans une province où tout le monde se connaît, c'est le chien des voisins qui l'accompagne désormais dans ses escapades sylvestres.
Il découvre l'injustice et la violence quand le voisin abat la bête et la jette dans une poubelle.
Malheureux, il se réfugie dans la forêt et par accident blesse mortellement le fils de voisin, Rémi, 6ans, qui lui vouait une admiration éperdue.
Après le constat de sa mort, commence pour Antoine une vie habitée par le silence, le mensonge et la peur d'être pris et l'envie de se rendre.
Comment aborder une vie qui commence quand on a commis l'irréparable.
Comment vit on avec un tel secret ?
C'est en abordant ces questions de la culpabilité, de la justice et des conséquences de nos actions que l'auteur nous plonge dans le drame d'Antoine et de tout un village.
Sur des périodes clés dans sa vie, nous suivons Antoine dans une reconstruction sur le fil.
L'auteur dépeint avec beaucoup de finesse une situation tendue, un drame d'une humanité tragique par son côté involontaire.
Les personnages sont étudiés au plus juste autant dans leur complexité que leur cynisme.
C'est un très bon roman noir au style vif et tranchant.
L'auteur nous distille jusqu'au bout un suspense aux détails qui reviennent éclairer subtilement le récit.
A lire, pour découvrir une autre facette de Pierre Lemaître qui nous avait étonné avec "Au revoir là-haut" (Prix Goncourt 2013)
Pierre Lemaître - Editions Albin Michel - 288 Pages - 19.80 Euros
vendredi 29 avril 2016
Alessandro Baricco : La jeune épouse
Alessandro Barrico a l'habitude de créer des ambiances et univers très particuliers et parfois même étranges et d'y inviter ses lecteurs.
Il le fait avec beaucoup d'élégance et son écriture rassemble à la fois un style envoûtant et singulier.
Dans son dernier opus, il nous fait pénétrer dans une grande maison d'aristocrates, dans le nord de l'Italie, à l'arrivée d'une toute jeune fille venue d'Argentine.
Promise au fils de la famille, absent pour le moment, elle est accueillie comme la seconde fille de cette famille totalement excentrique.
Elle doit s'habituer à leur quotidien très original. Le petit déjeuner se termine dans l'après midi et le champagne y pétille souvent; des invités surgissent et continuent des conversations commencées le matin. C'est un festin très raffiné et un peu hors du temps.
Le soir réserve d'autres rites, d'autres secrets et la jeune fille qui ne voit toujours pas arriver son futur époux sera initiée à d'autres moeurs, d'autres promesses.
L'absence et le retour donnent à Alessandro Baricco la possibilité d'autres ailleurs. Hors du temps, il nous plonge dans une initiation sexuelle, poétique, philosophique avec des aristocrates en fin de race.
Il écrit avec originalité sur un sujet brûlant mais sans aucune vulgarité.
L'auteur se permet de se perdre dans ce récit pour en sortir et parler de sa vie, se contempler en train d'écrire. Le lecteur se perd un peu. La vision du roman se fait différemment.
Mais les passages sur la création littéraire vue par l'auteur sont fort intéressants.
Pourtant, et je regrette quoi qu'aimant beaucoup Barrico, je n'ai pas accroché à la magie de cette histoire. Je n'ai pas eu une once d'intérêt pour ces personnages. Et je ne voyais pas pourquoi un tel roman.
Alessandro Baricco - La Jeune Épouse (La sposa giovane) traduit de l'italien par Vincent Raynaud - Editions du monde entier Gallimard - 224 Pages - 19,50 Euros
mercredi 27 avril 2016
David Foenkinos : Le mystère Henri Pick
David Foeokinos nous surprend encore une fois par sa faculté de varier les genres dans son oeuvre.
Son "Charlotte", poème écrit en prose, nous avait ému et emporté dans la fulgurance d'une vie, celle d'une jeune peintre juive assassinée à 24 ans à Auschwitz.
Le dernier roman de l'auteur, "Le mystère Henri Pick", nous fait pénétrer dans une intrigue littéraire intelligente, au ton drôle et vif.
Une jeune éditrice parisienne, ambitieuse et carriériste, Delphine, rend visite à ses parents à Crozon. Elle se rend à la bibliothèque municipale et y découvre une pièce consacrée aux livres refusés par les maisons d'édition.
Elle trouve la perle rare, l'oeuvre remarquable, le roman bouleversant sur la fin d'une histoire d'amour, attribué à Monsieur Pick, pizzaiolo local.
Mais comment a t il pu écrire ça, lui qui n'écrivait que sa liste de courses ?
Le mystère qui entoure sa vie et son oeuvre va créer un phénomène de promotion littéraire et apporter le succès.
Les personnages qui gravitent autour de l'homme et du livre vont voir leurs destins complètement chamboulés.
C'est un hommage aux livres, au cinéma, à la culture que nous offre ici David Foenkinos.
Les références littéraires sont nombreuses, les clins d'oeil aussi. Il tacle gentiment certains de ses contemporains, et c'est avec plaisir que nous retrouvons dans ce livre les écrivains présents ou passés.
Foenkinos connaît le monde de l'édition, le travail de création, les journalistes impitoyables et il le raconte avec beaucoup de délicatesse.
Un très bon roman de détente intelligent, avec un suspense qui tient jusqu'au bout.
Lisez et vous découvrirez le mystère Pick.
David Foenikinos - Le mystère Henri Pick - Editions Gallimard - 228 Pages - 19.50 Euros
Son "Charlotte", poème écrit en prose, nous avait ému et emporté dans la fulgurance d'une vie, celle d'une jeune peintre juive assassinée à 24 ans à Auschwitz.
Le dernier roman de l'auteur, "Le mystère Henri Pick", nous fait pénétrer dans une intrigue littéraire intelligente, au ton drôle et vif.
Une jeune éditrice parisienne, ambitieuse et carriériste, Delphine, rend visite à ses parents à Crozon. Elle se rend à la bibliothèque municipale et y découvre une pièce consacrée aux livres refusés par les maisons d'édition.
Elle trouve la perle rare, l'oeuvre remarquable, le roman bouleversant sur la fin d'une histoire d'amour, attribué à Monsieur Pick, pizzaiolo local.
Mais comment a t il pu écrire ça, lui qui n'écrivait que sa liste de courses ?
Le mystère qui entoure sa vie et son oeuvre va créer un phénomène de promotion littéraire et apporter le succès.
Les personnages qui gravitent autour de l'homme et du livre vont voir leurs destins complètement chamboulés.
C'est un hommage aux livres, au cinéma, à la culture que nous offre ici David Foenkinos.
Les références littéraires sont nombreuses, les clins d'oeil aussi. Il tacle gentiment certains de ses contemporains, et c'est avec plaisir que nous retrouvons dans ce livre les écrivains présents ou passés.
Foenkinos connaît le monde de l'édition, le travail de création, les journalistes impitoyables et il le raconte avec beaucoup de délicatesse.
Un très bon roman de détente intelligent, avec un suspense qui tient jusqu'au bout.
Lisez et vous découvrirez le mystère Pick.
David Foenikinos - Le mystère Henri Pick - Editions Gallimard - 228 Pages - 19.50 Euros
vendredi 22 avril 2016
Patrick Lapeyre : La splendeur dans l'herbe
Patrick Lapeyre possède une écriture pleine de charme et de délicatesse. Après " La vie est brève et le désir sans fin", il nous comble avec l'histoire d'une rencontre amoureuse hors du temps, dans les délices de conversations murmurées.
C'est une rencontre surprenante, celle d'Homer et Sybil. Leurs conjoints respectifs, Emmanuelle et Giovanni, viennent de les quitter pour vivre leur passion amoureuse à Chypre.
Seuls tous les deux, ils prennent l'habitude de se retrouver, ils s'accordent avec tendresse et tendent à un sentiment plus fort.
Mais les souvenirs et les nouvelles des nouveaux amants les condamnent au doute et à une certaine prudence.
Peut-on vraiment retomber amoureux quand tout est parti en fumée ?
C'est la question que pose Patrick Lapeyre à travers le portrait de ces personnages très décalés et très attachants, pour lesquels l'auteur ressent de la tendresse.
En filigrane, se glisse l'histoire des parents d'Homer, Arno et Ana. Ana était une femme belle et rebelle, peu faite pour une vie de couple restreinte.
Le lecteur comprend mieux l'immobilisme et les atermoiements d'Homer. Patrick Lapeyre aurait pu nous raconter la passion flamboyante d'Emmanuelle et Giovanni, il a préféré nous entraîner dans le jardin où les deux "quittés" se découvrent et apprennent à se connaître.
Des mots lumineux, des silences apaisants, une attente de lendemains heureux, le lecteur savoure une certaine lenteur.
Patrick Lapeyre - La Splendeur dans l'herbe - Éditions P.O.L. - 384 Pages - 19.80 Euros
C'est une rencontre surprenante, celle d'Homer et Sybil. Leurs conjoints respectifs, Emmanuelle et Giovanni, viennent de les quitter pour vivre leur passion amoureuse à Chypre.
Seuls tous les deux, ils prennent l'habitude de se retrouver, ils s'accordent avec tendresse et tendent à un sentiment plus fort.
Mais les souvenirs et les nouvelles des nouveaux amants les condamnent au doute et à une certaine prudence.
Peut-on vraiment retomber amoureux quand tout est parti en fumée ?
C'est la question que pose Patrick Lapeyre à travers le portrait de ces personnages très décalés et très attachants, pour lesquels l'auteur ressent de la tendresse.
En filigrane, se glisse l'histoire des parents d'Homer, Arno et Ana. Ana était une femme belle et rebelle, peu faite pour une vie de couple restreinte.
Le lecteur comprend mieux l'immobilisme et les atermoiements d'Homer. Patrick Lapeyre aurait pu nous raconter la passion flamboyante d'Emmanuelle et Giovanni, il a préféré nous entraîner dans le jardin où les deux "quittés" se découvrent et apprennent à se connaître.
Des mots lumineux, des silences apaisants, une attente de lendemains heureux, le lecteur savoure une certaine lenteur.
Patrick Lapeyre - La Splendeur dans l'herbe - Éditions P.O.L. - 384 Pages - 19.80 Euros
mercredi 20 avril 2016
Fabrice Colin : La poupée de Kafka
Fabrice Colin nous emporte sur les traces de Kafka en se servant d'une énigme littéraire, celle des lettres que Kafka aurait adressé à une petite fille qui avait perdu sa poupée, dans un parc à Berlin en 1923.
Malgré le fait confirmé par Dora Diamant sa dernière et dévouée compagne, ces lettres perdues restent un mystère pour les admirateurs de l'homme au chapeau.
Trois personnages se retrouvent liés et bousculés par cette histoire et vont livrer ici leurs secrets et faisant ainsi face à la réalité de la vie.
Mais le livre n'est qu'un long mensonge. Celui de l'homme et de ses manquements, de ses silences et de ses loupés mais aussi de ce dont il est capable d'inventer pour rendre acceptable son existence.
Abel est professeur à la Sorbonne et spécialiste de littérature allemande, il voue une admiration démesurée à Kafka. Mari peu fidèle, père peu modèle, il utilise le mensonge pour masquer l'homme de peu d'envergure qu'il représente.
Sa fille, Julie quant à elle est consciente de l'absence total de son père mais l'aime toujours. Pour combler le fossé qui les sépare, elle part à la recherche de cette petite fille aux lettres.
Il semble qu'elle l'ait trouvée en la personne d'Else, vieille dame abrupte qui s'amuse à infliger son mauvais caractère à tout le monde. Les protagonistes vonts se retrouver au pied du Mont-Blanc dans un rendez-vous à l'ombre de Kafka, pour dénouer une vérité très compliquée.
Trois personnages, trois générations, un mystère et une très belle couverture, de quoi convaincre.
Si le style est sensible l'histoire mérite une réflexion plus approfondie sur la difficulté des rapports entre les trois personnages.
L'histoire d'Else, écrite en italique, demande plus de détails, elle est trop dure pour être trop survolée.
Peut-être aussi, que le grand absent est Kafka, même si on le sent tout près, j'aurais aimé plus sur son énigme, sans doute une descente dans ses enfers.
Mais l'écriture est subtile et nous invite à réfléchir à la puissance de l'imaginaire dans nos vies, sur l'espoir qu'il nous donne.
Fabrice Colin - La poupée de Kafka - Editions Actes Sud - 272 Pages - 20 Euros
Malgré le fait confirmé par Dora Diamant sa dernière et dévouée compagne, ces lettres perdues restent un mystère pour les admirateurs de l'homme au chapeau.
Trois personnages se retrouvent liés et bousculés par cette histoire et vont livrer ici leurs secrets et faisant ainsi face à la réalité de la vie.
Mais le livre n'est qu'un long mensonge. Celui de l'homme et de ses manquements, de ses silences et de ses loupés mais aussi de ce dont il est capable d'inventer pour rendre acceptable son existence.
Abel est professeur à la Sorbonne et spécialiste de littérature allemande, il voue une admiration démesurée à Kafka. Mari peu fidèle, père peu modèle, il utilise le mensonge pour masquer l'homme de peu d'envergure qu'il représente.
Sa fille, Julie quant à elle est consciente de l'absence total de son père mais l'aime toujours. Pour combler le fossé qui les sépare, elle part à la recherche de cette petite fille aux lettres.
Il semble qu'elle l'ait trouvée en la personne d'Else, vieille dame abrupte qui s'amuse à infliger son mauvais caractère à tout le monde. Les protagonistes vonts se retrouver au pied du Mont-Blanc dans un rendez-vous à l'ombre de Kafka, pour dénouer une vérité très compliquée.
Trois personnages, trois générations, un mystère et une très belle couverture, de quoi convaincre.
Si le style est sensible l'histoire mérite une réflexion plus approfondie sur la difficulté des rapports entre les trois personnages.
L'histoire d'Else, écrite en italique, demande plus de détails, elle est trop dure pour être trop survolée.
Peut-être aussi, que le grand absent est Kafka, même si on le sent tout près, j'aurais aimé plus sur son énigme, sans doute une descente dans ses enfers.
Mais l'écriture est subtile et nous invite à réfléchir à la puissance de l'imaginaire dans nos vies, sur l'espoir qu'il nous donne.
Fabrice Colin - La poupée de Kafka - Editions Actes Sud - 272 Pages - 20 Euros
lundi 18 avril 2016
Olivier Bourdeaut : En attendant Bojangles
Premier roman réussi pour Olivier Bourdeaut. "En attendant Bojangles" s'est vu récompensé et reconnu par la critique littéraire.
Les premiers romans ont quelque chose de fort et d'attachant, le lecteur pénètre pour la première fois dans l'univers d'un auteur et quand le contact émotionnel se fait, il en reste quelque chose.
Surprise d'abord d'une couverture originale et colorée, et d'une fin saisissante, l'histoire subjugue par le ton décalé et la poésie qu'elle dégage.
C'est une histoire d'amour fou, absolument fou, dans tous les sens du terme et le lecteur est pris dans le vertige de cette passion amoureuse entre un homme et une femme.
Pas de place pour la tristesse, la vie n'est que fête, champagne et danse.
L'amour fou entre une femme imprévisible et fantasque et un homme totalement son contraire. L'enfant est le témoin de cette fête perpétuelle avec quelques ratés, quelques questionnements. Mais si peu, le tourbillon reprend, toujours plus chimérique.
Même un oiseau exotique y a sa place.
La mère entraîne ses deux amours, mari et petit garçon, dans un monde à part rempli de poésie et de tendresse folle.
C'est la fascination de cet enfant qui est racontée, une enfance marquée par l'amour et la fête.
Mais les lecteurs, comme le petit garçon, comprennent que tout tourbillonne trop, trop vite et la folie est présente.
Père et fils feront tout pour préserver leur quotidien fantasque mais la chute est inévitable.
Merveilleux récit, tendre, drôle et émouvant. Et on danse, on danse. La musique et la voix chaude de Nina Simone nous accompagnent. L'écriture est rythmée et poétique.
C'est beau tout simplement, et c'est beaucoup.
A lire.
Olivier Bourdeaut - En attenant Bojangles - Editions Finitude - 160 Pages - 15.50 Euros
Les premiers romans ont quelque chose de fort et d'attachant, le lecteur pénètre pour la première fois dans l'univers d'un auteur et quand le contact émotionnel se fait, il en reste quelque chose.
Surprise d'abord d'une couverture originale et colorée, et d'une fin saisissante, l'histoire subjugue par le ton décalé et la poésie qu'elle dégage.
C'est une histoire d'amour fou, absolument fou, dans tous les sens du terme et le lecteur est pris dans le vertige de cette passion amoureuse entre un homme et une femme.
Pas de place pour la tristesse, la vie n'est que fête, champagne et danse.
L'amour fou entre une femme imprévisible et fantasque et un homme totalement son contraire. L'enfant est le témoin de cette fête perpétuelle avec quelques ratés, quelques questionnements. Mais si peu, le tourbillon reprend, toujours plus chimérique.
Même un oiseau exotique y a sa place.
La mère entraîne ses deux amours, mari et petit garçon, dans un monde à part rempli de poésie et de tendresse folle.
C'est la fascination de cet enfant qui est racontée, une enfance marquée par l'amour et la fête.
Mais les lecteurs, comme le petit garçon, comprennent que tout tourbillonne trop, trop vite et la folie est présente.
Père et fils feront tout pour préserver leur quotidien fantasque mais la chute est inévitable.
Merveilleux récit, tendre, drôle et émouvant. Et on danse, on danse. La musique et la voix chaude de Nina Simone nous accompagnent. L'écriture est rythmée et poétique.
C'est beau tout simplement, et c'est beaucoup.
A lire.
Olivier Bourdeaut - En attenant Bojangles - Editions Finitude - 160 Pages - 15.50 Euros
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