Non, je n’oublierai jamais la baie de Rio

La couleur du ciel le long du Corcovado

La Rua Madureira, la rue que tu habitais

Je n’oublierai pas pourtant je n’y suis jamais allé



dimanche 18 novembre 2012

Alessandro Baricco : Emmaüs

Ils sont quatre copains, d'origine modeste, Bobby, Luca, le Saint et le narrateur. Ils ont en commun une foi ardente qu'ils brandissent comme un étendard, aiment jouer de la musique ensemble à l'église du quartier, rendent visitent aux malades dans les hospices. Produits d'une éducation où les habitudes protègent et où la beauté et la femme surtout représentent le péché et la perdition, ancrés dans leurs certitudes,  ils sont trop sages et pas du tout préparés à l'épreuve qui les attend.
L'épreuve, c'est Andre (a), belle,  à damner ces jeunes saints, à en mourir aussi. Jeune femme sublime, libre mais dont les fêlures sont trop profondes.
A cet âge, 17 - 18 ans, la passion les chavire, leur univers rapidement devient étriqué, la famille étrangère à leur quotidien. A sa façon chacun va faire le grand saut et y perdra son innocence, jusqu'au tragique.
Le narrateur, voit, vit, raconte l'explosion de ce petit groupe. Ils sont amis et pourtant  se retrouveront seuls face à leur destin . Le narrateur s'en sortira mais broyé, et son regard sur le monde sera à jamais différent.
Ecrit dans un rythme rapide, concis comme l'histoire qui se précipite à chaque page, Barrico nous sert un  récit initiatique où la douleur n'épargne personne.
Il sait avec précision raconter la vie de famille figée dans les croyances religieuses, marquée par une certaine dose d'hypocrisie et de non-dits. L'écriture est belle, racée et sensuelle.
La religion portée comme un poids qui ne prépare pas à la vie et des adolescents ,remplis de désirs, à qui on n'a pas su dire que la vie , justement, pouvait offrir d'autres choix.


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