Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




lundi 19 novembre 2012

Per Olov Enquist : Blanche et Marie

Grand romancier suédois, Per Olov Enquist est un habitué des récits mêlant fiction et biographie. Ici plusieurs personnages se croisent dans une histoire conduite par une fiction remarquable.
Destins mêlés ou pas, il décline pour eux les couleurs de la passion, quelle soit amoureuse ou professionnelle.
Pour cela il donne la parole, à une femme, Blanche Wittman. Elle a longtemps été internée à la Salpêtrière et fut la patiente du célèbre Professeur Charcot. 
Ce sombre " château des femmes" qui les accueillaient parce qu'elles étaient folles, prostituées, hystériques, épileptiques, pauvres, femmes meurtries par la vie, malades.
Amputée des deux jambes, Blanche finira sa vie portée dans une brouette. Elle racontera dans ses carnets (fictifs ou non), sa passion pour cet éminent Professeur et surtout sa rencontre avec Marie, pour laquelle elle travaillera.
Marie Curie, deux fois Prix Nobel (physique avec son mari et chimie seule), chercheuse, savante et femme amoureuse.
A la mort de Pierre Curie, elle continue la recherche et tombe folle amoureuse de Paul Langevin, autre physicien. Marié, père de familles, il sera lâche jusqu'au bout et c'est seule que Marie mourra consumée par ses années de recherche sur le radium et la radioactivité.
Entre biographie imaginaire ou réaliste, entre roman fiction et histoire, Per Olov Enquist nous fait découvrir une époque, où les plus grandes recherches ont vu le jour et où les femmes avaient du mal à se sortir d'un carcan social.
Il raconte avec une certaine froideur, le sort de ces femmes considérées hystériques et traitées d'une façon effroyable dans un hôpital aux allures de prison.
La construction littéraire est assez déroutante. L'auteur, s'il donne la parole à Blanche à travers ses carnets,  devient aussi  narrateur et intervient dans les réflexions. Beaucoup de citations de ses fameux carnets, de passages de journal intime, de retours en arrière peuvent empêcher le lecteur de se laisser porter par l'écriture. Par moment la caricature est trop forte,  comme le dilemme entre la femme savante et la femme trop amoureuse ou le brillant scientifique , mari infidèle mais pourtant responsable. 
C'est déstabilisant mais intéressant et tous les personnages réels qui gravitent dans ce roman nous donnent envie d'en savoir plus.

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