C'est le premier roman d'Isabelle Carré, celui d'une jeune femme et actrice lumineuse.Elle nous livre ici sa part d'ombre, un roman autobiographique d'une grâce infinie.
C'est aussi le roman d'une adolescence qui prend pour cadre les années 70 et la folle insouciance. Isabelle Carré nous raconte ses parents, ses frères, nous dit avec une grande sincérité ses angoisses existentielles.
Dans un appartement rouge aux décors improbables, la petite fille essaie de vivre auprès d'une mère absente et dépressive et d'un père artiste qui n'arrive pas à assumer son homosexualité.
Une famille très singulière qui oublie son rôle parental et dans laquelle Isabelle Carré ne trouve pas sa place.
Après une tentative de suicide à 14 ans, ses parents l'installent seule dans un appartement à 15 ans. Elle y vit remplie de peur et de solitude.
C'est à travers ses rêves qu'elle se construit et découvre grâce au théâtre une manière de s'exprimer.
Le lecteur est touché par tant de tristesse et à la fois choqué de l'irresponsabilité des adultes.
La voix de l'auteur nous est proche peut-être en raison du manque de chronologie du récit. L'émotion vient et elle nous raconte comment s'est déroulée sa vie, ses moments forts. On ressent sa nostalgie.
Derrière ce sourire si clair se cache tant de mal être que l'on est ému. Isabelle Carré utilise un style poétique très sensible à son image.
Un livre sensible et vrai, même si on ne comprend pas pourquoi cette actrice si discrète a voulu raconter autant.
Isabelle Carré - Les rêveurs - Editions Grasset - 304 Pages - Parution 10 janvier 2018 - 20.00€
je veux encore rouler des hanches,je veux me saouler de printempsje veux m'en payer des nuits blanchesà cœur qui bat, à cœur battantavant que sonne l'heure blêmeet jusqu'à mon souffle dernierje veux encore dire "je t'aime"et vouloir mourir d'aimerBarbara
lundi 12 mars 2018
Vincent Almendros : Faire mouche
Un thriller suffocant d'une centaine de pages, qui se doit d'être lu d'une traite. D'ailleurs vous ne pouvez pas le lâcher, tant l'intensité est grande.
Nous sommes dans un été de chaleur, à St Fourneaux, autant dire le bout du monde. Laurent, le narrateur revient dans le village de son enfance, après de longues années d'absence pour assister au mariage de sa cousine.
Ce sera l'occasion de revoir sa famille puisqu'ils habitent toujours là, et surtout sa mère.
Un lieu qu'il a fui, lui reviennent alors tous les mauvais souvenirs de l'enfance : la mort de son père, le comportement de sa mère.
Une famille en fin de course, usée par la rancoeur et les secrets et dont les non-dits étouffent le présent.
Nous sommes happés par les mots et les descriptions très visuelles que l'auteur nous montrent avec les yeux de Laurent.
Un passé que le narrateur enfouit lui aussi.
La construction littéraire est très efficace. Dès les premières phrases, le lecteur se retrouve face à un univers familial lourd de questions auxquelles personne ne répond.
C'est oppressant et sous couvert d'une histoire simple, une tension s'installe et l'inexprimé devient essentiel.
La quatrième de couverture est très réussie, vraiment tout est dit et rien n'est dit.
L'auteur nous emmène sur une fin qui percute dans les dernières lignes.
Alors...lisez
Vincent Almendros - Faire mouche - Editions de Minuit - Parution 2018 - 128 Pages - 11.50 €
Nous sommes dans un été de chaleur, à St Fourneaux, autant dire le bout du monde. Laurent, le narrateur revient dans le village de son enfance, après de longues années d'absence pour assister au mariage de sa cousine.
Ce sera l'occasion de revoir sa famille puisqu'ils habitent toujours là, et surtout sa mère.
Un lieu qu'il a fui, lui reviennent alors tous les mauvais souvenirs de l'enfance : la mort de son père, le comportement de sa mère.
Une famille en fin de course, usée par la rancoeur et les secrets et dont les non-dits étouffent le présent.
Nous sommes happés par les mots et les descriptions très visuelles que l'auteur nous montrent avec les yeux de Laurent.
Un passé que le narrateur enfouit lui aussi.
La construction littéraire est très efficace. Dès les premières phrases, le lecteur se retrouve face à un univers familial lourd de questions auxquelles personne ne répond.
C'est oppressant et sous couvert d'une histoire simple, une tension s'installe et l'inexprimé devient essentiel.
La quatrième de couverture est très réussie, vraiment tout est dit et rien n'est dit.
L'auteur nous emmène sur une fin qui percute dans les dernières lignes.
Alors...lisez
Vincent Almendros - Faire mouche - Editions de Minuit - Parution 2018 - 128 Pages - 11.50 €
mardi 6 mars 2018
Jean-Christian Grondahl : Quelle n'est pas ma joie
Dans son dernier roman l'auteur danois Jean-Christian Grondhal nous plonge dans une histoire de famille et nous parle encore une fois de l'amour et des relations compliqués dans un couple.
La voix de la narratrice, Ellinor, s'adresse à sa meilleure amie Anna décédée 30 ans plus tôt. Dans une sorte de confession, une ultime lettre, elle trouve les mots pour lui parler de ce secret de famille qu'elle a porté toute sa vie.
Le roman s'ouvre par la mort du mari d'Ellinor, qui a été aussi le mari d'Anna avant l'accident en montagne.
Deux jeunes couples, Georg et Anna et leurs jumeaux et Ellinor et Henning, passent leurs vacances à la montagne. La mort emporte Anna et Henning alors qu'ils skiaient tous les deux. Une ombre pèse sur leur relation...ils étaient amants.
Pour Ellinor, veuve, la vie continue avec ses interrogations, sa solitude et elle s'occupe des enfants d'Anna. Finalement elle se marie avec Georg et le couple poursuit son chemin tout secret gardé.
A la mort de Georg, Ellinor veut quitter la maison et retourner dans son quartier de jeunesse. Elle aussi a tu de nombreux épisodes de sa vie et surtout la honte de ses origines.
"Quelle n'est pas ma joie" raconte la confusion des sentiments, décrit les désirs humains si compliqués et les secrets enfouis.
Comme toujours l'auteur le fait avec une belle écriture et il aide ses personnages à trouver les mots à combler les silences.
C'est un livre qui interroge sur l'absence des êtres que nous avons aimé, sur les arrangements que l'on fait avec la solitude.
Une voix qui nous prends et ne nous lâche pas, parce que les mots viennent enfin et on les écoute.
Un très beau coup de cœur !
Jens Christian Grondahl - Editions Gallimard, "Du monde entier" - Traduit du danois par Alain Gnaedig - Parution le 8 Févier 2018 - 150 Pages - 15 €
La voix de la narratrice, Ellinor, s'adresse à sa meilleure amie Anna décédée 30 ans plus tôt. Dans une sorte de confession, une ultime lettre, elle trouve les mots pour lui parler de ce secret de famille qu'elle a porté toute sa vie.
Le roman s'ouvre par la mort du mari d'Ellinor, qui a été aussi le mari d'Anna avant l'accident en montagne.
Deux jeunes couples, Georg et Anna et leurs jumeaux et Ellinor et Henning, passent leurs vacances à la montagne. La mort emporte Anna et Henning alors qu'ils skiaient tous les deux. Une ombre pèse sur leur relation...ils étaient amants.
Pour Ellinor, veuve, la vie continue avec ses interrogations, sa solitude et elle s'occupe des enfants d'Anna. Finalement elle se marie avec Georg et le couple poursuit son chemin tout secret gardé.
A la mort de Georg, Ellinor veut quitter la maison et retourner dans son quartier de jeunesse. Elle aussi a tu de nombreux épisodes de sa vie et surtout la honte de ses origines.
"Quelle n'est pas ma joie" raconte la confusion des sentiments, décrit les désirs humains si compliqués et les secrets enfouis.
Comme toujours l'auteur le fait avec une belle écriture et il aide ses personnages à trouver les mots à combler les silences.
C'est un livre qui interroge sur l'absence des êtres que nous avons aimé, sur les arrangements que l'on fait avec la solitude.
Une voix qui nous prends et ne nous lâche pas, parce que les mots viennent enfin et on les écoute.
Un très beau coup de cœur !
Jens Christian Grondahl - Editions Gallimard, "Du monde entier" - Traduit du danois par Alain Gnaedig - Parution le 8 Févier 2018 - 150 Pages - 15 €
lundi 26 février 2018
Robert Olen Butler : L'appel du fleuve
En Floride, dans la région de Talahasse, Robert Quilan et son épouse Darla dînent dans un restaurant. C'est alors qu'entre un SDF, il compte sa monnaie et Robert interpellé par son allure, lui offre son repas. Ils échangent quelques mots. Il s'appelle Bob et semble avoir fait la guerre.
Les souvenirs de Robert le hantent à jamais. Alors jeune étudiant, lui aussi a fait la guerre du Vietnam et s'il a refusé de combattre en prenant un poste administratif, il a été confronté aux horreurs de la guerre, une nuit de 1968 lors de l'offensive du Têt. Il a tiré sur une ombre noire pour se protéger mais cet acte l'a meurtri pour toujours et il n'en a jamais parlé.
Revient alors entre rêve et réalité cette ultime nuit qui a marqué la fin d'un monde et d'un grand amour avec une jeune vietnamienne, Lien.
Alors qu'il apprend que son père est au plus mal, Robert se voit contraint d'affronter celui pour lequel il est parti à la guerre, surnommé Senior.
Son père est aussi un vétéran de la 2ème guerre mondiale, un homme dur qui n'a jamais voulu revoir son autre fils Jimmy, qui a fui au Canada pour ne pas combattre au Vietnam.
47 ans se sont passés et ces trois hommes vont se revoir. Une façon pour eux de remonter et revivre ce passé qui les a séparé. Chacun avec ses convictions, ses rancœurs et ce temps perdu qui ne pourra plus jamais être rattrapé.
Grande voix de la littérature américaine, Robert Olen Butler, sait qu'on ne revient jamais intact d'une guerre. Il revisite une fois de plus et admirablement ce pays connu, le Vietnam, puisqu'il y a été comme interprète pendant les conflits.
Une grande part certainement autobiographique fait de ce roman un véritable coup de cœur pour ces personnages cabossés par des drames qui les dépassent.
L'auteur a une sensibilité et une exactitude pour analyser les sentiments et la psychologie de cette famille marquée par l'éclatement, l’éloignement et les non-dits.
Dans une Amérique qui se veut flamboyante dans ses droits mais qui reste hantée par le poids de ses guerres.
Robert Olen Butler : L'appel du fleuve - Editions Actes Sud - Traduction de l’Américain par Jean-Luc Piningre - Parution 7 Février 2018 - 264 Pages - 22 €
Les souvenirs de Robert le hantent à jamais. Alors jeune étudiant, lui aussi a fait la guerre du Vietnam et s'il a refusé de combattre en prenant un poste administratif, il a été confronté aux horreurs de la guerre, une nuit de 1968 lors de l'offensive du Têt. Il a tiré sur une ombre noire pour se protéger mais cet acte l'a meurtri pour toujours et il n'en a jamais parlé.
Revient alors entre rêve et réalité cette ultime nuit qui a marqué la fin d'un monde et d'un grand amour avec une jeune vietnamienne, Lien.
Alors qu'il apprend que son père est au plus mal, Robert se voit contraint d'affronter celui pour lequel il est parti à la guerre, surnommé Senior.
Son père est aussi un vétéran de la 2ème guerre mondiale, un homme dur qui n'a jamais voulu revoir son autre fils Jimmy, qui a fui au Canada pour ne pas combattre au Vietnam.
47 ans se sont passés et ces trois hommes vont se revoir. Une façon pour eux de remonter et revivre ce passé qui les a séparé. Chacun avec ses convictions, ses rancœurs et ce temps perdu qui ne pourra plus jamais être rattrapé.
Grande voix de la littérature américaine, Robert Olen Butler, sait qu'on ne revient jamais intact d'une guerre. Il revisite une fois de plus et admirablement ce pays connu, le Vietnam, puisqu'il y a été comme interprète pendant les conflits.
Une grande part certainement autobiographique fait de ce roman un véritable coup de cœur pour ces personnages cabossés par des drames qui les dépassent.
L'auteur a une sensibilité et une exactitude pour analyser les sentiments et la psychologie de cette famille marquée par l'éclatement, l’éloignement et les non-dits.
Dans une Amérique qui se veut flamboyante dans ses droits mais qui reste hantée par le poids de ses guerres.
Robert Olen Butler : L'appel du fleuve - Editions Actes Sud - Traduction de l’Américain par Jean-Luc Piningre - Parution 7 Février 2018 - 264 Pages - 22 €
jeudi 22 février 2018
Delphine de Vigan : Les loyautés
Delphine de Vigan avec beaucoup d'habileté et de délicatesse met en scène des personnages cabossés par la vie chacun à sa façon. Elle explore avec minutie la cellule familiale et comment les drames de l'enfance abîment pour toujours. A travers ses héros elle nous met face à nos loyautés intimes.
Deux adultes et deux enfants vont se croiser, s'aider parfois, s'affronter aussi dans un quotidien contemporain où il est question de famille et de divorce, de maltraitance et d'éducation.
Des sujets lourds auxquels nous a habitués l'auteur.
Théo a douze et ses parents sont divorcés, incapables de communiquer et de faire face à leur rôle de parents. L'enfant vit entre deux mondes, prends en charge ses parents à sa façon et sa vie devient glauque.
Hélène, son institutrice, remarque des changements dans le comportement de l'enfant. Elle-même, traumatisée par son enfance, reste sensible et fragile.
Mathis, le meilleur copain de Théo, partage avec lui ses excès. Lui-même connaît des difficultés avec sa mère, Cécile, qui ne souhaite pas les voir se fréquenter.
Quatre personnages, quatre voix différentes nous plonge dans la détresse et le désespoir intime.
Dans ce roman, les parents traversent un quotidien difficile et n’arrivent pas à préserver les enfants les contraignant à devenir trop vite adultes.
Adultes et enfants, désemparés et touchants, se retrouvent dans des situations tragiques et que reste-t-il de nos loyautés intimes, quand autour de nous le monde manque d'humanité.
Un livre difficile et poignant.
Delphine de Vigan aborde des sujets très douloureux, elle le fait ici avec une grande sincérité.
Delphine de Vigan - Les loyautés - Editions JC Lattès - Parution le 3 01 2018 - 206 Pages - 17 €
Deux adultes et deux enfants vont se croiser, s'aider parfois, s'affronter aussi dans un quotidien contemporain où il est question de famille et de divorce, de maltraitance et d'éducation.
Des sujets lourds auxquels nous a habitués l'auteur.
Théo a douze et ses parents sont divorcés, incapables de communiquer et de faire face à leur rôle de parents. L'enfant vit entre deux mondes, prends en charge ses parents à sa façon et sa vie devient glauque.
Hélène, son institutrice, remarque des changements dans le comportement de l'enfant. Elle-même, traumatisée par son enfance, reste sensible et fragile.
Mathis, le meilleur copain de Théo, partage avec lui ses excès. Lui-même connaît des difficultés avec sa mère, Cécile, qui ne souhaite pas les voir se fréquenter.
Quatre personnages, quatre voix différentes nous plonge dans la détresse et le désespoir intime.
Dans ce roman, les parents traversent un quotidien difficile et n’arrivent pas à préserver les enfants les contraignant à devenir trop vite adultes.
Adultes et enfants, désemparés et touchants, se retrouvent dans des situations tragiques et que reste-t-il de nos loyautés intimes, quand autour de nous le monde manque d'humanité.
Un livre difficile et poignant.
Delphine de Vigan aborde des sujets très douloureux, elle le fait ici avec une grande sincérité.
Delphine de Vigan - Les loyautés - Editions JC Lattès - Parution le 3 01 2018 - 206 Pages - 17 €
lundi 29 janvier 2018
Jean-Philippe Blondel : La mise à nu
Depuis son divorce avec Anne il y a plusieurs années, Louis Claret, professeur d'anglais vit seul et n'a pas refait sa vie.
A 58 ans la retraite approche et après une vie passée à enseigner, à lire, arrive maintenant le poids de la solitude et ce regard douloureux porté en arrière.
A l'occasion d'un vernissage de peinture, il retrouve un ancien élève qui est devenu un artiste reconnu et célébré, Alexandre.
L'artiste l'a invité et lui demande une requête toute particulière : accepterait-il d'être son modèle afin de réaliser son portrait ?
En acceptant, Louis va être amener à renouer avec des souvenirs enfouis, à refaire le chemin à l'envers et ainsi se confronter à son passé.
Les heures de pause se transforment pour Louis en échappées belles qui lui permettent de renouer avec l'écriture et reprendre son journal intime.
Pour Alexandre, aussi, le regard posé sur Louis, professeur jadis admiré, sera l'occasion de se confronter à une nostalgie troublante et douloureuse.
Les séances représentent un moment d’introspection où l'un comme l'autre va explorer son histoire.
C'est un livre d'une grande élégance où l'auteur entraîne ses personnages dans une mise à nu faite de beaucoup de douceur et de tendresse.
Jean-Philippe Blondel connaît l'âme humaine et le doute qui s'empare d'un homme à une étape critique de la vie.
Il nous offre aussi un excellent moment de lecture quand il parle de l'importance de l'art dans l'existence, que ce soit l'écriture pour Louis ou la peinture pour Alexandre.
C'est un livre sur l'intime tout en retenue, l'auteur possède une écriture feutrée et délicate qui sait si bien explorer les souvenirs et les chemins que l'on n'a pas pris.
Une très belle lecture, la fin peut toutefois laisser le lecteur en attente, mais c'est une très belle réflexion sur la vie.
Jean-Philippe Blondel - La mise à nu - Editions Buchet-CHastel - Parution 4 Janvier 2018 - 252 Pages - 15 €
A 58 ans la retraite approche et après une vie passée à enseigner, à lire, arrive maintenant le poids de la solitude et ce regard douloureux porté en arrière.
A l'occasion d'un vernissage de peinture, il retrouve un ancien élève qui est devenu un artiste reconnu et célébré, Alexandre.
L'artiste l'a invité et lui demande une requête toute particulière : accepterait-il d'être son modèle afin de réaliser son portrait ?
En acceptant, Louis va être amener à renouer avec des souvenirs enfouis, à refaire le chemin à l'envers et ainsi se confronter à son passé.
Les heures de pause se transforment pour Louis en échappées belles qui lui permettent de renouer avec l'écriture et reprendre son journal intime.
Pour Alexandre, aussi, le regard posé sur Louis, professeur jadis admiré, sera l'occasion de se confronter à une nostalgie troublante et douloureuse.
Les séances représentent un moment d’introspection où l'un comme l'autre va explorer son histoire.
C'est un livre d'une grande élégance où l'auteur entraîne ses personnages dans une mise à nu faite de beaucoup de douceur et de tendresse.
Jean-Philippe Blondel connaît l'âme humaine et le doute qui s'empare d'un homme à une étape critique de la vie.
Il nous offre aussi un excellent moment de lecture quand il parle de l'importance de l'art dans l'existence, que ce soit l'écriture pour Louis ou la peinture pour Alexandre.
C'est un livre sur l'intime tout en retenue, l'auteur possède une écriture feutrée et délicate qui sait si bien explorer les souvenirs et les chemins que l'on n'a pas pris.
Une très belle lecture, la fin peut toutefois laisser le lecteur en attente, mais c'est une très belle réflexion sur la vie.
Jean-Philippe Blondel - La mise à nu - Editions Buchet-CHastel - Parution 4 Janvier 2018 - 252 Pages - 15 €
dimanche 21 janvier 2018
Olivier Adam : Chanson de la ville silencieuse
Olivier Adam nous entraîne dans son dernier roman dans une quête mystique, celle d'une jeune fille, remplie de mélancolie et de solitude infinie.
Tout au long du livre, on se saura jamais son prénom, d'elle on sait juste qu'elle est une fille de, inexistante.
Son père était Antoine Schaeffer super star de la chanson. Alors qu'il était au sommet de sa gloire, il se retire à la campagne, vit comme un ermite loin de la scène et de son public. Il disparaît du jour au lendemain, laissant une voiture abandonnée, l'enquête conclue au suicide. Il reste une légende.
Quand elle voit une photo d'un chanteur de rue qui ressemble étrangement à son père, la jeune fille décide d'aller à la recherche de son fantôme de père.
A travers ses souvenirs enfouis et emmêlés, nous faisons la connaissance d'une enfance meurtrie par l'absence de parents et d'amour familial.
Complètement absente, sa mère, une mannequin, l'abandonne à huit ans à son père. Elle découvre alors un monde d'adultes fait de fête, d'alcool et d'une insoutenable légèreté.
Elle découvre un semblant de famille chez le couple de gardiens de la maison de son père.
Olivier Adam nous émeut avec ses thèmes habituels comme la solitude, l'absence et la disparition.
Ses personnages font face à une solitude et un mal être profond. Ils sont bouleversants dans leur fuite et l'errance.
La ville de Lisbonne est magnifiée par la musique et le silence des mots. Une errance que le lecteur traverse pour mieux retrouver l'héroïne qui fait face à sa vie, seule et tente d'exister au mieux.
La lecture est douce de cette musicalité et de ses références que nous joue l'auteur.
Il saisit avec beaucoup de sensibilité l'intime d'un artiste et ce qu'il donne de lui au public et de la difficulté d'être compris.
Un beau roman de sentiments sur des airs de fado. A lire.
Olivier Adam - Chanson de la ville silencieuse - Editions Flammarion - Parution 3 Janvier 2018- 224 Pages - 19 €
Tout au long du livre, on se saura jamais son prénom, d'elle on sait juste qu'elle est une fille de, inexistante.
Son père était Antoine Schaeffer super star de la chanson. Alors qu'il était au sommet de sa gloire, il se retire à la campagne, vit comme un ermite loin de la scène et de son public. Il disparaît du jour au lendemain, laissant une voiture abandonnée, l'enquête conclue au suicide. Il reste une légende.
Quand elle voit une photo d'un chanteur de rue qui ressemble étrangement à son père, la jeune fille décide d'aller à la recherche de son fantôme de père.
A travers ses souvenirs enfouis et emmêlés, nous faisons la connaissance d'une enfance meurtrie par l'absence de parents et d'amour familial.
Complètement absente, sa mère, une mannequin, l'abandonne à huit ans à son père. Elle découvre alors un monde d'adultes fait de fête, d'alcool et d'une insoutenable légèreté.
Elle découvre un semblant de famille chez le couple de gardiens de la maison de son père.
Olivier Adam nous émeut avec ses thèmes habituels comme la solitude, l'absence et la disparition.
Ses personnages font face à une solitude et un mal être profond. Ils sont bouleversants dans leur fuite et l'errance.
La ville de Lisbonne est magnifiée par la musique et le silence des mots. Une errance que le lecteur traverse pour mieux retrouver l'héroïne qui fait face à sa vie, seule et tente d'exister au mieux.
La lecture est douce de cette musicalité et de ses références que nous joue l'auteur.
Il saisit avec beaucoup de sensibilité l'intime d'un artiste et ce qu'il donne de lui au public et de la difficulté d'être compris.
Un beau roman de sentiments sur des airs de fado. A lire.
Olivier Adam - Chanson de la ville silencieuse - Editions Flammarion - Parution 3 Janvier 2018- 224 Pages - 19 €
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