Non, je n’oublierai jamais la baie de Rio

La couleur du ciel le long du Corcovado

La Rua Madureira, la rue que tu habitais

Je n’oublierai pas pourtant je n’y suis jamais allé



dimanche 2 août 2009

Françoise Henry : Juste avant l'hiver

Ecrit comme un long monologue d'une redoutable efficacité, ce roman interpelle par l'intensité de cette voix qui vibre et souffre tout au long d'un témoignage douloureux.
La voix qui raconte et qui nous accompagne est celle de la patronne d'un café à Prague en 1969.
Voyeuse et jalouse, cette femme aigrie raconte l'histoire d'Anna, jeune serveuse de 20 ans travaillant dans son établissement. Elle a fui son pays rêvant d'un nouveau départ. A travers l'histoire d'Anna c'est sa propre vie que la patronne nous livre, bribe par bribe, dans un souffle avec une extrême pudeur.
A Prague en 1969, l'Histoire est en marche et écrase les hommes, les broit et dans des souffrances inimaginables leur enlève leurs derniers rêves. Dans cette Histoire même l'amour ne peut exister.
C'est dans ce pays sous haute surveillance qu'Anna vit sa première passion d'amour avec un étudiant, elle ne sait pas encore que ce sera son plus grand chagrin d'amour.
Antipathique au début du récit, cette voix finit par nous émouvoir et nous bouleverser. Elle regarde naître un amour avec envie elle connaît la souffrance d'Anna, elle l'a vécu aussi.
La vie ne pourra plus jamais lui redonner tout ça, l'amour ne viendra plus.
Ce témoignage nous touche par la simplicité et le ton de cette voix très efficace dans le constat qu'elle fait de sa vie, de la vie.
Un très beau livre d'une grande sensibilité.



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