Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mardi 3 novembre 2009

Brigitte Giraud : Une année étrangère

La narratrice Laura, 17 ans, a décidé de ne pas se présenter au bac et de passer une année à l'étranger en tant que jeune fille au pair. C'est en Allemagne auprès d'un couple avec deux enfants qu'elle essaiera d'oublier mais aussi de comprendre pourquoi ce départ ressemble plutôt à une fuite.
A la suite d'un drame familial, ses parents se déchirent, sa vie de famille explose dans une adolescence tourmentée. Maîtrisant finalement très mal la langue germanique, elle va vivre auprès de cette famille qu'elle trouve plus détendue, plus ouverte. En apparence seulement car cette famille vit aussi un drame , et c'est là qu'intervient toute la finesse de l'écriture pour raconter les doutes, les interrogations de cette jeune fille loin de ses racines au bord de tous les vides, les questionnements sur le passé, sur la transmission. Un plongeon au cœur de l'intime, l'adieu à l'adolescence qui n'en finit pas, le deuil vécu, la place que Laura essaie d'acquérir auprès de sa famille d'accueil mais aussi dans la sienne. Le lecteur éprouve cette perte d'identité que chaque personne doit ressentir quand il vit à l'étranger et qu'il ne parle pas la langue du pays. Pour Laura tout lui est imposé, les loisirs, les repas, les conversations. Elle va apprendre cette langue pour s'intégrer à cette famille, à ce pays.
Je trouve la fin admirable car c'est par la langue maternelle, qu'elle trouvera sa liberté et imposera ses choix. C'est très beau.
Une écriture très fine, très délicate tout au long de ce roman d'une grande sensibilité, nous montre combien l'adolescence est fragile et peut facilement basculer quand les adultes ne savent pas rester à leur place et montrer le chemin.

1 commentaire:

Stephie a dit…

Ce que tu dis de ce roman donne envie de le découvrir