Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mardi 12 janvier 2010

Laurent Mauvignier : Apprendre à finir

C'est l'histoire terriblement banale d'un couple arrivé en fin de course, en fin d'amour, en fin de tout. Il la trompe, elle l'attend le soir quand il rentre tard ou qu'il ne rentre pas, il va la quitter, elle souffre, elle l'aime toujours, il aime ailleurs. Un grave accident de la route le contraint à effectuer une très longue convalescence chez eux. Alors renaît pour elle l'espoir qu'il restera, qu'il ne pourra plus partir, elle s'occupe de lui, l'autre n'existe plus occultant leur désastreuse histoire passée.
Tout le roman est construit comme un long, très long monologue de cette femme qui passera de l'espoir le plus fou au désespoir le plus sombre avant d'être happée par la solitude.
Car c'est un drame de la solitude, des non dits, de la non communication qui se joue sous nos yeux.
Cette femme n'est que rancoeur et amour, elle raconte, elle se raconte, ses soirées seules , sa jalousie, son manque elle veut y croire encore, elle se tourmente, elle se perd. Le drame est là pourtant tout au long de cette lecture et pourtant il ne vient pas et c'est pire.
Laurent Mauvignier a une remarquable façon d'écrire les silences, les souffrances. Les phrases sont longues, trop longues, des virgules à peine et le point qui ne vient pas. Le lecteur, comme la narratrice, est à bout de souffle et la confession est saccadée, haletante. Elle se parle sans cesse.
L'auteur s'approprie le je d'une façon étonnante pour nous donner ainsi un témoignage vrai d'expérience vécue. C'est beau.
C'est vrai que le thème est classique. Un jour l'amour n'est plus là pour l'un alors que pour l'autre rien n'a changé. C'est juste le talent de l' écrivain qui a trouvé des mots pour le dire et l'écrire et le livre nous parle encore longtemps après.

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