Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mardi 12 octobre 2010

Philip Roth : Exit le fantôme

Dans ce roman Philip Roth met en scène le retour à New York de son alter ego le plus intime, son double littéraire, le romancier de papier inventé il y a 30 ans, Nathan Zuckerman. Ils ont vieilli ensemble. Qu'il soit le héros principal ou un personnage secondaire, il est la voix de Roth dans ses livres. Il connaît ses doutes, ses certitudes sur la vie, les amours, la maladie et surtout ce douloureux et difficile exercice qu'est la vieillesse. Sa vision du monde et des autres reste toujours marquée d'humour et d'intelligence.
Nathan Zuckerman maintenant septuagénaire est un écrivain brillant et reconnu. Il s'est retiré depuis 11 ans dans le Massachussetts où il vit en solitaire, rangé des amours, de la vie même. Opéré d'un cancer de la prostate, il doit revenir à New York pour se faire soigner et espère ainsi retrouver vigueur(il est impuissant) et dignité (il est incontinent).
Il retrouve vite ses repaires dans la Grosse Pomme, malgré le traumatisme post 11 sept. et la réélection de Bush. Il fait la connaissance d'un jeune couple d'écrivains, d'un journaliste ambitieux et d'une ancienne connaissance, une femme qu'il avait connu dans sa jeunesse. Il est pris d'un désir fou pour Jamie la jeune épouse.
Et si tout était à nouveau possible ? L'espoir et le désir sont là intacts.
Le livre offre la vision de Roth sur le monde littéraire, politique de son pays. Il nous raconte son épopée à travers le temps par son héros. Le monde a changé, lui aussi au seuil de la vieillesse , il subit la dégradation physique, la mémoire s'abîme. Un profond sentiment de vide s'empare du lecteur.
Exit, l'écrivain flamboyant se retire. Reste l'écriture de Roth, superbe, maîtrisée sans apitoiement, l'humour est toujours présent pour déjouer le désespoir. Roth est un éternel révolté, contre son pays, sa politique, la bêtise. L'écriture lui impose de survivre même si tout semble lui indiquer la fin du chemin.



1 commentaire:

Dominique a dit…

C'est un très très bon Philipp Roth , je l'ai lu avec grand plaisir l'an dernier, j'ai été touché par l'arrivée de la vieillesse et la souffrance que cela occasionne
Un très bon roman