Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 27 août 2014

Catherine Mavrekakis : La ballade d'Ali Baba

    Catherine Mavrekakis, auteure canadienne, a souvent habitué ses lecteurs à venir faire un tour dans l'au-delà, côtoyant et invitant dans ses œuvres des personnages qui ne sont plus.
    Dans son sixième et dernier roman, elle appelle le père disparu, image toute puissante et grandiose afin de lui rendre un dernier et bouleversant hommage.
    Alors qu'elle affronte une terrible tempête de neige à Montréal, la narratrice Erina, porte secours à un vieil homme manquant de se faire écraser sous les roues d'une déneigeuse.
    Son étonnement est saisissant quand elle reconnaît dans ce vieillard fragile, son père mort six mois plus tôt.
    Le lecteur plonge alors dans l'univers envoûtant de Mavrekakis.
     Cette ballade sera le lien entre la  vie et la mort et l'occasion pour l'héroïne et son père de s'expliquer une dernière fois.
    Dans un désordre narratif de temps et de lieu, Erina devenu écrivaine et spécialiste de Shakespeare, déroule ses souvenirs d'enfant au côté de son père, Vassili, homme fantasque allant au bout de ses mensonges et dévorant la vie.
    Un père absent, un mari volage, un aventurier aux semelles d'or et de vents, un homme en lequel la petite Erina croyait mais qui avec le temps était devenu l'homme qui faisait souffrir sa famille.
    Des Keys, leur ultime et lumineux voyage ensemble, en passant par l'Europe, Alger où son père a vécu et la Grèce où il est né, c'est toute la vie ébouriffée, splendeur et déchéance, de cet homme qui défile.
    Le temps, les époques se mêlent montrant combien cet homme aimait la vie et le monde  avant tout.
    De l'Algérie des années 30 aux années 60 à Florence, Montréal ou Key West, le lecteur découvre avec empathie un homme qui a toujours pensé que le meilleur reste toujours à venir.
    Malgré des répétitions et des passages moins prenant que d'autres, l'écriture est énergique et le ton souvent drôle.
    Si les morts hantent ce livre, l'écriture virtuose de Mavrikakis nous entraîne dans une réflexion forte sur le sens de la vie, le devoir vis à vis des siens et de cette fameuse liberté que l'on chérit parfois trop.






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