Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara...




mercredi 18 avril 2012

Philippe Besson : Une bonne raison de se tuer

Los Angeles, 4 novembre 2008, Obama va être élu Président et deux existences tragiques vont se croiser durant cette journée, très particulière et hautement symbolique.
La vie de Laura Parker et Samuel Jones, racontée sur une journée par Philippe Besson dans une écriture très visuelle saisissant la  désespérance au plus juste . L'histoire de deux personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont été toutes les deux anéanties par la vie.
Laura, est une jeune femme divorcée. Depuis 2 ans, elle vit seule, ses enfants sont grands et surtout indifférents. Elle a été congédiée de son mode de vie matériel, maternel et conjugal par son mari qui lui a demandé de quitter la maison. Elle aimait sa vie même si elle était ennuyeuse, elle ne sait rien faire d'autre que s'occuper de la maison, des enfants. Elle est inutile, fragile, en danger. Transparente. Elle traîne son vide au travail et cache ses abîmes derrière des sourires et un style un peu guindé.Elle n'est pas désespérée, elle suffoque.
Samuel, divorcé, artiste, bohème comme ceux  qui traînent à Venice Beach, une autre façon de vivre le rêve américain, père en détresse. Il enterre son fils Paul, aujourd'hui. Suicide.Tout l'accable, les remords, le doute, la culpabilité. Rien ne pourra lui donner un soupçon de réponse ou d'explication.
Philippe Besson passe d'une histoire à l'autre, d'un drame à l'autre, d'un abîme à l'autre et analyse avec une précision de metteur en scène les gestes, fait passer l'émotion dans les silences et les absences.
Le récit est poignant dans les moindres détails, l'auteur nous dépeint une cité des ange à couper le souffle dans sa lumière, ses couleurs, le vent, la mer, tout n'est pourtant que murmure devant la tragédie humaine.
Laura a fait le choix de se suicider, elle connaît l'endroit, elle l'explique, Samuel lui voudrait des réponses, un moyen de continuer. Ces deux-là vont se croiser, peut être se reconnaîtront ils ? En tout cas le lecteur en reconnaîtra certains. Ceux qu'on croise comme Laura et qu'on ne remarque pas, on aura un frisson devant, cette vie soit disant moderne et qui fait souffrir souvent , les mots souvent tus, les conversations manquées, les rencontres improbables.



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